Focus Stratégique Québec 2010 : une stratégie pour le Québec
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Le défi d'une économie ouverte
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Le défi d'une économie ouverte

31 janvier 2010 - 13:49

L’un des atouts du Québec est d’avoir une économie largement ouverte sur l’étranger, ce qui est nécessaire pour une province dont le marché intérieur est limité. C’est là aussi que se trouve notre potentiel d’expansion à long terme. Le gouvernement Québécois partage cette analyse, comme le montre le voyage du premier ministre Charest en Inde, accompagné d’une mission économique d’une centaine de personnes.

Le ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, a rappelé à cette occasion dans La Presse que développer nos affaires en Inde ou dans d’autres pays, c’est offrir «des débouchés extraordinaires à nos entreprises». Mais, prévient-il « Si on a une expertise assez pointue, on parviendra à consolider nos positions au Québec».  Ce «Si» fait toute la différence.

La simple délocalisation de productions à faible valeur ajoutée renforce la compétitivité de nos entreprises en réduisant leurs coûts, mais le consommateur qui en profite est parfois aussi celui qui a perdu son emploi. Alors que des échanges plus sophistiqués ont des conséquences positives sur une variété d’activités à forte valeur ajoutée, contribuant ainsi au dynamisme du tissu économique au Québec.

Dès lors la question est de savoir si le Québec a les moyens de réaliser ses objectifs d’expansion à l’international. Disons, pour employer une formule prudente, qu’il y a «matière à amélioration».

Comme nous l’indiquons dans notre Diagnostic économique du Québec, les exportations de biens et de services représentent 53,3% du PIB, comparativement à 35,1% pour l’ensemble du Canada. Notre situation est comparable à celle de pays tels que la Norvège (47%), ou la Suède (54,1%). Si l’on ne considère que les échanges internationaux, le Québec est le 40e exportateur et 38e importateur à l’échelle mondiale.

Voilà qui semble très gratifiant à première vue, mais l’est un peu moins lorsque l’on regarde la nature de nos échanges (et nous reviendrons ultérieurement sur la Suède, dont les exportations différent beaucoup des nôtres par leur composition).

Si l’on additionne, à l’intérieur des 20 principales exportations internationales du Québec, les matières premières à l’état brut ou faiblement transformé (aluminium, pâtes de bois, papier, électricité, minerais, viandes, etc) et les produits industriels simples (forme de base en matière plastique, ouvrage de base en métal, etc..) on est à près de 30% du total de nos exportations.

Les avions entiers avec moteurs comptent pour 7,7%, les moteurs d’avions et pièces pour 3,9%; ce qui est significatif et encourageant. Mais l’on ne trouve pas de succès aussi importants dans les autres secteurs de pointe de notre industrie.
Notre économie ouverte s’appuie principalement sur les ressources de notre capital naturel. Sans renoncer à ces atouts, le défi pour le Québec sera de rééquilibrer ses exportations par une politique industrielle adaptée. Parce que le réveil des grands pays d’Asie introduit un élément d’urgence dans le développement des pays comme le nôtre.

La mondialisation nous apporte des opportunités immenses, mais aussi des nouveaux concurrents puissants et agressifs. La mondialisation, écrivent un groupe de consultants du BCG dans un livre récent*, c’est : «competing with everyone, from everywhere for everything ».  En 2008 la Chine a ravi au Canada la première position comme exportateur aux Etats-Unis. On peut vivre avec ça. Mais ce qui est très inquiétant, c’est qu’en 2009, selon l’EDC, l’écart s’est fortement creusé, les exportations du Canada aux Etats-Unis ne représentant plus que deux tiers des exportations de la Chine vers ce pays.

Nous avons besoin d’une économie ouverte, mais il nous faut aussi être de plus en plus compétitifs – et cela rapidement – si nous voulons rester dans la course.

Alain-Marie Carron

* Globality. Harold L.Sirkin, James W.Hemerling, Arindam K. Bhattacharya. Ed. Business Plus, 2008.

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