Comparaison - L'éducation en Finlande
24 février 2010 - 10:35
Pour enrichir la réflexion sur une stratégie pour le Québec, il est nécessaire de se comparer aux autres; mais à ceux qui nous sont comparables. Les comparaisons entre le Québec, les États-Unis et la France sont intéressantes mais peu utiles tant les ordres de grandeur diffèrents. Dans la préparation du Focus Stratégique du 22 avril prochain, SECOR a retenu sept «juridictions» qui ont assez de points communs avec le Québec pour rendre la comparaison utile. L’analyse a porté sur la Finlande, la Suède, et les régions, provinces ou états suivants: Rhône-Alpes, Ontario, Colombie-Britannique, Massachussetts et Minnesota. Chacun de ces documents sera accessible aux participants du Focus. En commençant par la Finlande, nous allons donner ici un aperçu de chacun de ces portraits. Aujourd’hui l’Éducation, demain l’Innovation, après-demain l’Économie. La Finlande est reconnue pour la grande performance de son système éducatif, qui s’explique notamment par l’importance que la société finlandaise lui attribue. L’excellence de la Finlande dans ce domaine été reconnue par la Banque Mondiale dans un rapport en 2006. En 2003, le pays a obtenu la meilleure note mondiale dans l’évaluation du PISA, un programme international pour le suivi des acquis des élèves, piloté par l’OCDE. Au-delà de la simple performance scolaire, le système finlandais gomme largement les disparités sociales et assure l’égalité de réussite entre les filles et les garçons. En 2006, selon l’OCDE, la Finlande a consacré 5,84% de son PIB à l’éducation, dont 5,70% sont des dépenses publiques. Pour les pays de l’OCDE la moyenne est de 5,81%. La performance des élèves aux tests du PISA se classe deuxième derrière la Corée pour ce qui est de la compréhension écrite, première pour la culture mathématique et première pour la culture scientifique. L’apprentissage tardif de la lecture et la complexité de la langue pourraient apparaître comme des handicaps, mais en réalité ces deux éléments semblent jouer positivement sur l’apprentissage en général. La performance académique se traduit aussi par le pourcentage de diplômés dans la population et le taux d’obtention des diplômes, comme le montre le tableau ci-dessous.
Un pays sans décrochage ? La Finlande est également impressionnante en matière de persévérance scolaire. Le décrochage (discontinuation of education) est faible et en décroissance: 2% au secondaire (2006/2007), 9,2% dans l’enseignement professionnel (en baisse régulière depuis 2000). Dans les polytechniques (enseignement multidisciplinaire sur trois ans centré sur des études pratiques), le taux est de 6,8% et dans les universités de 4,8%. Le niveau de formation des adultes est très important. En moyenne, 1,7 million de personnes adultes suivent des cours de formation pour adultes, soit la moitié de la population active. L’objectif gouvernemental est de monter le pourcentage à 60%. Les cours sont souvent gratuits ou subventionnés en totalité ou en partie. Un tel succès n’est pas dû au hasard mais à une volonté collective forte. L’éducation est valorisée par la population et il y a un large consensus dans la société finlandaise sur les moyens à lui accorder et les politiques à suivre. Les enquêtes faites sur l’éducation finlandaise ont relevé plusieurs facteurs pédagogiques positifs. Les enseignants sont à la fois très compétents et reconnus, l’apprentissage est centré sur l’élève, et un soutien important est accordé aux enfants. L’évaluation joue un rôle important, mais elle intervient tardivement, faisant une large place à l’auto-évaluation commentée (il n’y a pas d’examen national, pas de classement des écoles ni de système d’inspection académique). Le système éducatif se caractérise par sa souplesse. Il existe une gouvernance centrale (lois, normes, curriculum de base, planification et communication centrale), qui s’accompagne cependant d’une large décentralisation. Ce sont les municipalités qui sont responsables des écoles, lesquelles disposent d’une large autonomie de gestion. Les enseignants bénéficient d’une large autonomie et de moyens importants. Il n’est pas possible de tirer un jugement de valeur de ces quelques données sans connaître le contexte d’ensemble du pays, son histoire et les priorités qu'il s'est données. Mais il est cependant très intéressant de voir qu’un pays nordique comme le nôtre (les Finlandais sont un peu plus de cinq millions), économiquement développé, a su trouver des solutions à ce problème de l’éducation qui préoccupe tant la société québécoise aujourd'hui. Demain : l’innovation en Finlande
Commentaires |
collas (Il y a 26 semaines 3 jours)
Bonsoir
pour votre information la Finlande dépense moins par élève que le Québec en us$ cela donne 8300 et 7533 en Finlande.
Du point de vue plus global la part du PIB consacrée à léducation est de 5,8% contre 7,4 au Québec et pour une moyenne de 5,7% dans l'OCDE en moyenne.
On ne souffre pas de sous-financement mais d'un mauvais usage du financement et de trop de structures administratives et de support. Dans une école finlandaise 95% des employés sont des enseignants y compris le directeur de l'école qui est juste libéré d'une demi-charge d'enseignement soit 10 heures par semaine pour cette fonction.
Au plaisir
Dorméus (Il y a 26 semaines 3 jours)
C'est un parfait modèle à suivre, cependant j'aimerais savoir comment est financé ce système, car ici au Québec les écoles souffrent d'un gros manquent d'argent. Je crois qu'il faudrait valoriser des partenariats entre les écoles et le privé. Un étudiant qui termine ces études sera forcément appelé à travailler dans ce milieu. Je crois que les compagnies seraient prêtent à financer les écoles, car leurs survies en dépendent. Il faudrait trouver un moyen de créer des associations solides entre le réseau académique et les compagnies, une espèce de coopération qui serait appelé PAP pour partenariat-académique-privé. Tous seraient gagnant, les écoles auraient le financement et les compagnies la main-d'oeuvre bien instruite afin de garantir leur croissance.