Un Pacte pour les universités
24 février 2010 - 14:03
«Le Québec a mal à ses universités» a affirmé hier l’ancien premier ministre Lucien Bouchard en présentant, avec une quinzaine d’autres signataires, un Pacte pour le financement concurrentiel de nos universités . Les auteurs du Pacte considèrent que nos universités sont victimes d’un « sous-financement chronique », ce qui nuit à leur compétitivité: en matière de budget de fonctionnement, l’écart entre les universités québécoises et celles du reste du Canada s’élève à 500 millions de dollars par an. Le remède proposé est le déplafonnement des droits de scolarité; les étudiants engagés dans des études dont le coût est élevé, comme la médecine, paieront plus cher qu’aujourd’hui mais aussi plus cher que les étudiants qui suivent des cursus matériellement moins onéreux, comme la philosophie par exemple. Au terme d’une augmentation sur trois ans et qui débuterait en 2012, les universités devraient récupérer 565 millions de dollars. La hausse proposée correspondrait en moyenne à 2200$ par étudiant (entre 3000$ et 10 000$ pour les études les plus chères, selon le calcul de certains commentateurs). D’autre part les signataires du Pacte proposent un système de remboursement des prêts étudiants qui serait proportionnel aux revenus gagnés par les éventuels diplômés. Ainsi libéré d’une partie du coût des programmes universitaires grâce à ces augmentations, le gouvernement devrait, selon les concepteurs du Pacte, s’engager à consacrer les budgets ainsi libérés au soutien scolaire à tous les niveaux d’étude. Rappelons que dans la préparation du Focus Stratégique 2010, les comités aviseurs ont retenu comme premier levier de développement pour le Québec Dynamiser le capital humain. Ce levier comporte trois défis directement liés à l’éducation: Enrayer le décrochage scolaire, améliorer l’éducation post-secondaire et accroître les compétences tout au long de la vie. Le Pacte a semble-t-il reçu un accueil plutôt favorable, malgré quelques critiques ou mises en garde. Pour certains, une solution en forme de carnet de chèques n’est pas suffisante. Le rattrapage est sûrement nécessaire; encore faut-il que l’argent soit bien employé. On pourrait parler de fascination pour l’immobilier dans le cas de certaines universités. D’autre part, la performance et l’organisation interne de nos universités pose elle aussi problème, un problème que l’argent ne résoudera pas si la volonté et le courage de se réformer en profondeur n’existent pas. À propos des universités, elle écrit: «En 2008, une série dans La Presse en a étalé les grandeurs et misères: notes gonflées, diplômes au rabais, bibliothèques dégarnies, nombre affolant de chargés de cours, concurrence malsaine entre les institutions, etc.» Et elle conclut en élargissant le débat à nos pratiques d’éducation dans leur ensemble: «Mais est-ce entièrement la faute au sous-financement? Et si les universités étaient surtout malades d’une école trop faible et d’un cégep trop complaisant, prêt à tout pour faire passer les élèves, quitte à baisser le niveau». Et vous, qu’en pensez-vous ? Alain-Marie Carron Lire le: Pacte pour le financement concurrentiel de nos universités Sur le sujet de l'éducation, dans ce blog : Comparaison: l'éducation en Finlande Éducation: la double compétition
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