La Commission européenne compare chaque année les pays de l’Europe des 27 avec 16 pays du monde qui sont reconnus comme les plus performants dans le domaine de l’innovation. La Finlande arrive au troisième rang de ce classement (le Global Innovation Scorebard), après la Suède et la Suisse et devant les États-Unis (6e rang) et le Canada (9e).
Une première explication tient sans doute à la place de la Recherche et Développement dans le budget de l’État finlandais. L’enveloppe allouée à la R&D en 2009 a atteint presque 1,9 milliard EUR, en progression de 6% par rapport à 2008. Cela représente 1.02% du PIB.
La Finlande se situe au premier rang mondial quant au nombre de chercheurs par 10000 employés, avec un ratio de 17,7. La Suède n’est qu’un lointain second, avec un ratio de 11.
Le tableau ci-dessous présente la ventilation de cet effort national en Recherche et Développement.

Dans son analyse de la situation finlandaise, Philippe Collas, Associé Directeur chez SECOR, fait remarquer que ce pays ne se repose pas sur ses lauriers, au contraire.
La Finlande a commandé en 2009 un rapport d’évaluation très approfondi auprès d’experts internationaux. Ceux-ci relèvent les points qui doivent être encore améliorés:
- - Le système n’est pas encore suffisamment international;
- - Il ne s’appuie pas assez sur les initiatives régionales;
- - La réforme des universités doit être poursuivie, dans le sens d’une autonomie accrue, d’incitatifs à la performance basés sur la qualité et l’internationalisation;
- - Il faut clarifier les rôles des polytechniques et de l’université et renforcer les rôles des polytechniques. Les polytechniques sont des établissements propres à la Finlande, qui distribue un enseignement diversifié mais très orienté vers les débouchés professionnel;
- - La politique nationale, concluent également les experts, doit être revue pour être plus centrée sur les résultats et moins sur les processus. Enfin, l’organisation du système devrait davantage se concentrer sur la demande pour canaliser les efforts d’innovation;
D’une façon assez originale, une partie du rapport souligne une série de contradictions, dont certaines paraîtront familières au Québécois:
- - La Finlande est un pays d’innovations et d’innovateurs, mais aussi de timides entrepreneurs;
- - La Finlande a une forte cohésion sociale et prône la solidarité, mais au détriment de la reconnaissance des leaders qui prennent des risques et se distinguent;
- - La Finlande est un hub reconnu pour certains progrès technologiques… mais un pays excentré géographiquement des grands marchés de demain;
- Finalement, le groupe d’étude recommande trois initiatives majeures:
- - Revoir la fiscalité pour encourager la prise de risques des individus et des firmes;
- - Simplifier le système des aides publiques et du soutien à la croissance;
- - Donner des signes publics convaincants de l’importance accordée à la culture entrepreneuriale en associant davantage les actions des ministères de l’Éducation et des Finances, en renforçant les liens entre entreprises, entrepreneurs et chercheurs, et en créant un centre mondial de l’entrepreneuriat.