Comparaison - L'économie de la Finlande
26 février 2010 - 09:37
La Finlande fait partie des économies développées. Son PIB total (188,3 G$ US PPA) la place au 38e rang des nations en 2008 et le PIB par habitant en 23e place (35 400 $ US PPA). La croissance du PIB en moyenne annuelle en volume a été forte: 3,1% de variation annuelle moyenne entre 1998 et 2008 (contre 2,3% dans l’OCDE). La croissance est surtout nourrie par la progression de la productivité (+21% depuis 1996 contre +17% pour la moyenne OCDE, données de 2004). Mais celle-ci est forte dans l’industrie et faible dans les services (le secteur public finlandais est important). C’est pourquoi le gouvernement et les acteurs du monde du travail mettent beaucoup d’emphase sur les TIC et l’alphabétisation numérique de toute la population active. La Finlande a un taux d’emploi de 67% (en décembre 2009), un peu au-dessus de la moyenne de l’OCDE, mais en baisse de 2,6% depuis 2008. Le taux de chômage est passé de 7,1% en 2008 à 7,9% en 2009. La Finlande est un pays exportateur, avec une balance commerciale et des paiements excédentaires. En 2007 le commerce extérieur (importations + exportations) représentait 85% du PIB. Comme toutes les économies ouvertes, la Finlande est sensible à la conjoncture mondiale, mais elle a su diversifier ses destinations d’exportations plus que le Québec. Des finances publiques plutôt saines La dette publique brute en 2008 atteignait 68 milliards d’euros, soit 34,1% du PIB global, en baisse régulière depuis 1995. Suite à la récente crise économique, après des mesures de relance de la consommation, le gouvernement finlandais a coupé dans les dépenses publiques et vise à réduire le nombre de fonctionnaires de 8% d’ici 2011. Même si la pression fiscale a tendance à diminuer, la fiscalité reste assez lourde, elle s’apparente aux modèles européens de type social-démocratique. Le taux d’inflation a augmenté substantiellement, passant de 0,9% en 2005 à 4,1% en 2008. Un secteur manufacturier qui reste important L’industrie reste un leader de l’économie du pays et représente encore près du tiers du produit intérieur brut. Dans le secteur primaire, le bois reste la principale production agricole avec une production de 51 millions de m3 en 2008 (en recul marqué par rapport à 2007 : 57 millions). L’industrie forestière représente 4% du PIB, 3% des emplois et 24% des exportations. Le secteur souffre de la baisse de la demande de papier (journaux et magazines). Les deux autres secteurs importants de l’économie sont l’électronique et la métallurgie. Tout comme au Québec, la structure industrielle est dominée par les petites entreprises et un nombre réduit de grandes entreprises. Ce sont les entreprises de plus de 250 personnes qui sont les plus productives. Un pays connecté et mobile Les Finlandais sont suréquipés en téléphones essentiellement mobiles avec un taux d’abonnement de près de 130%. La firme finlandaise Nokia est le premier équipementier téléphonique mondial en matière de téléphonie mobile (part de marché 2008 estimée à 38%). Le siège social est en Finlande, ainsi que des activités de R&D, de production, de ventes et de marketing. Les ventes en 2008 se montaient à 50,7 milliards EUR avec une marge brute de 5 milliards EUR. L’entreprise emploie plus de 128 000 personnes dans le monde. La R&D est une fonction importante; elle occupe plus de 39 000 salariés dans le monde (16 pays), l’investissement annuel moyen dans ce domaine tourne autour de 6,0 milliards EUR. Nokia est la grande entreprise mondiale finlandaise. Pour dépasser l’exiguïté du marché local elle a été amenée à vendre et opérer un peu partout dans le monde. Elle est toutefois peu implantée en Amérique du Nord.
Un pays habitué aux premières places La Finlande est 2e parmi les 125 pays évalués par le World Economic Forum Competitiveness Score (2006). Le tableau ci-dessous détaille certains indicateurs et le classement.
L'exemple finlandais est intéressant, parce que l'on n'y décèle pas de facteur extraordinaire qui avantagerait dès le départ ce pays. Au contraire, sa longue dépendance vis à vis de l'Union Soviétique a été un boulet lourd à porter. Dès lors la question qui doit nous motiver positivement est bien celle-ci: Pourquoi le Québec ne deviendrait-il pas la Finlande de l’Amérique du Nord ?
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