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Capital naturel - Un pays (vraiment) riche

2 mars 2010 - 14:03

Dans sa préparation du Focus stratégique Québec 2010, SECOR vient d’achever la rédaction d’un rapport qui s’intitule Le capital naturel du Québec. Ce texte s’inscrit dans un ensemble plus large – Le Québec 2010 : Un portrait sans complaisance – dont les différents éléments seront publiés séparément d’ici le 22 avril prochain.

Les auteurs, Philippe Collas et Céline Huot, dressent un tableau des richesses naturelles de la province: la forêt et l’eau, mais aussi les ressources du sous-sol et le tourisme, lequel valorise à sa manière la nature québécoise.

Le Québec apparaît avant tout comme une région du monde très privilégiée pour ce qui est des ressources naturelles. Celles-ci sont bien mises en valeur et depuis longtemps, mais des problèmes demeurent: la surexploitation dans certains cas, une empreinte écologique encore trop forte, un niveau important de dépendance énergétique vis à vis de l’étranger.

Le rapport fait aussi le constat encourageant que nous sommes loin d’avoir épuisé le potentiel de toutes ces richesses, que ce soit dans leur exploitation traditionnelle ou dans des mises en valeur innovantes.

Nous allons donner aujourd’hui et les jours prochains quelques extraits de ce document.

Les ressources naturelles dans l’économie québécoise

Les ressources naturelles du Québec comptent pour 9,5% du produit intérieur brut de l’économie québécoise.

Mais ce capital naturel rapporte moins qu’auparavant. Alors que l’ensemble de l’économie québécoise a crû de 10,9% de 2002 à 2008, le secteur des ressources naturelles a subi une baisse de 5,4% de son produit intérieur brut sur la même période.

Le secteur forestier représentait 4,1% du PIB total en 2002; cette proportion est tombée à 2,7% six ans plus tard. Une baisse légère de la proportion du secteur de l’énergie dans l’économie totale s’observe également, passant de 4,1% à 3,8%. Seul le secteur minier a su maintenir sa place dans l’économie du Québec, représentant 2,9% du PIB total depuis 2002.

Le Québec exporte une partie de ses richesses naturelles, qui représentaient, en1999, 34,2% des exportations totales, contre 40,3% en 2008.

Au cours des dix dernières années, le Québec a connu une croissance de 34,7% de ses exportations en ressources naturelles, fortement soutenues par le secteur de l’énergie (+259,3%).

Le secteur minier a également connu une croissance importante de ses exportations (+77,2%).

En revanche, le secteur forestier, plus durement touché par les aléas de la conjoncture économique et l’évolution des médias, a vu ses exportations baisser de 20,2% sur la même période.

Cette richesse domestique ne couvre pas tous les besoins des Québécois.

Sur cette même période, les importations de ressources naturelles ont augmenté de 215,1%. Le Québec est donc une nation consommatrice de ressources naturelles, notamment d’énergie puisque les importations de ce secteur ont presque quadruplé depuis les dix dernières années (+365,6%). À titre de comparaison, les importations  totales ont augmenté de 47,6%, alors que la population croissait de 0,6% sur la même période.

Le déficit commercial du secteur énergétique a augmenté de près de 400% depuis 1999, pour atteindre un niveau sans précédent de l’ordre de 18 146 millions de dollars en 2008.

Bien que le secteur forestier ait une balance commerciale excédentaire, la forte concurrence du marché mondial a engendré dans ce secteur une baisse de 27,1% pour les dix dernières années. Seul le secteur minier a connu une croissance de sa balance commerciale excédentaire, de l’ordre de 62,5%.

Un secteur pourvoyeur d’emplois

Le secteur des forêts représentait en 1999 46,0% des emplois en ressources naturelles, contre 41,2% en 2008. Sa part dans l’économie globale du Québec a également baissé, passant de 2,9% à 2,1%.

La place du secteur énergétique dans l’emploi est en croissance, avec une augmentation de 22,3% au cours des dix dernières années. Ce secteur est ainsi devenu le second secteur créateur d’emplois dans l’exploitation des ressources naturelles après le secteur forestier (31,6% des emplois du secteur, 1,6% du total des emplois au Québec).

Quant au secteur minier, son poids dans le secteur des ressources naturelles a diminué quelque peu, représentant 27,3% des emplois du secteur, ce qui représente 1,4% de l’économie globale du Québec.

Un secteur productif

De manière générale, la productivité du secteur des ressources naturelles est nettement supérieure à la productivité moyenne canadienne. Alors qu’un emploi au Canada génère 73 478 dollars, un emploi dans le secteur des ressources naturelles génère 140 429 dollars, soit un gain de productivité de 90%. Le secteur énergétique démontre la productivité la plus élevée parmi l’ensemble des secteurs.

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