Capital naturel - L'or vert des forêts et de l'agriculture
5 mars 2010 - 09:58
Aprés l'or bleu des ressources en eau, l'or brun de ses ressources minérales, le Québec posséde aussi un or vert, celui de la forêt, qui a été un élément essentiel de son développement économique. Mais ce secteur est en difficulté. Dans la période récente, l'agriculture joue un rôle croissant et fournit d'importantes exportations. Vous trouverez ci-dessous les principaux élèments concernant l'or vert du Québec, extraits du rapport sur Le capital naturel du Québec, réalisé par SECOR en prévision du Focus stratégique du Québec 2010 du 22 avril prochain.
L'or vert en voit de toutes les couleurs
La forêt, durement touchée par la concurrence mondiale Le Québec est une province fortement boisée dans laquelle on distingue différents types de forêts, tel que l’illustre le tableau suivant:
Les forêts québécoises représentent 2% des forêts mondiales. 90% de la zone forestière est publique et 55% est exploitée. On estime que chaque année, 1% des forêts commerciales est récolté. Le Québec a mis en place depuis plusieurs années des inventaires forestiers afin d’optimiser la gestion de la zone forestière sans freiner le développement de cette industrie. Le secteur forestier est fortement touché par la concurrence internationale et la transformation des habitudes de loisirs (baisse des imprimés et transfert vers les médias électroniques). Depuis 2002, le PIB des différentes branches de ce secteur n’ont cessé de baisser: - foresterie et exploitation forestière (-30,9%), La répartition des emplois dans le secteur forestier est demeurée la même au cours des dix dernières années. La fabrication de produits en bois domine le secteur forestier, représentant 47,2% de la main-d’œuvre de ce secteur. C’est le secteur qui a connu la plus faible baisse depuis 1999, soit une diminution de 15,2% contre -18,1% pour l’ensemble du secteur forestier. La fabrication de papier est un secteur fortement touché par la conjoncture mondiale et les évolutions sociales. Sa main-d’œuvre a baissé de 17,9% entre 1999 et 2008, et représente aujourd’hui 38,2% de la main-d’œuvre des secteurs forestiers. C’est cependant la foresterie et l’exploitation forestière qui ont été les plus touchées par la baisse de main-d’œuvre (-26,5%). Une acériculture, en mal de sucre L’acériculture est la culture des érables dont on utilise le sirop comme édulcorant naturel. La production de sirop d’érable est dominée par le Québec, qui assurait 80% de la production mondiale en 2005. D’après une étude du MAPAQ, la production québécoise (95,6 millions de livres en 2005) était inférieure à la consommation mondiale, estimée à 101 millions de livres. Alors que la production mondiale a baissé de 13,5% entre 2000 à 2005, la consommation a augmenté de plus de 20% sur la période, tirée par les États-Unis et le Canada qui représentent à eux deux 75% de la consommation mondiale. Le Québec exporte dans 42 pays. La demande pour les produits d’érable augmente plus vite dans le reste du monde qui représentait 24,6% de la consommation totale en 2005, contre 17,6% en 2000. Les marchés internationaux les plus importants sont le Japon, le Danemark et l’Australie. Ce secteur est supporté par divers organismes gouvernementaux tels que le MAPAQ, à travers une participation financière, la mise en place de programme de perfectionnement, etc. L’évolution des prix et le rendement par entaille montrent que cette industrie va devoir se repositionner dans les prochaines années, non pas face aux autres producteurs de sirop d’érable, mais face aux autres produits sucrant. L’agriculture : une croissance vert pâle. Le secteur primaire a connu une croissance très faible du produit intérieur brut, soit +2,4% de 1999 à 2008, contre +20,4% pour l’ensemble de l’économie du Québec sur la période. Cette stagnation est en très forte partie due au secteur de l’agriculture qui représente 96% du secteur primaire et dont la croissance n’a été que de 1,2% sur dix ans. En revanche, le secteur de la pêche et de la chasse a connu une croissance soutenue de 41,8% sur les dix dernières années, générant en 2008 112,7 millions de dollars de PIB. Alors que l’emploi a augmenté de 17,7% depuis 1999 dans l’économie du Québec, l’emploi en agriculture a connu une baisse de 8,9% sur la même période, soit une évolution similaire à celle de l’ensemble des activités reliées à l’exploitation des ressources naturelles. Les exportations de produits agricoles ont crû de 110,3%, doublant ainsi la valeur des exportations entre 1999 et 2008. Parmi les cultures agricoles, céréales et plantes oléagineuses représentent les plus fortes exportations, soit 45,5% de l’ensemble des exportations agricoles, et demeurent un des secteurs les plus en croissance (+136,1%), derrière la culture de noix et de fruits (+166,7%). Bien que les exportations d’élevage ne représentent qu’un peu plus de 20% des exportations en valeur, c’est ce secteur qui a connu la plus forte croissance sur ces dix dernières années (+461,4%). L’élevage bovin représente 75,5% des exportations d’élevage et 15,4% de l’ensemble des exportations agricoles. La forte croissance des exportations liées à l’élevage bovin (+544,8%) au cours des dix dernières années paraît devoir se poursuivre. Les importations agricoles ont connu une croissance nettement plus faible que les exportations, avec une croissance de 45,7% pour les cultures agricoles et 2,3% pour l’élevage. Les importations sont dominées par les cultures agricoles qui représentent 95,7% des importations en valeur. La plupart des secteurs de l’élevage ont connu une stagnation des importations, notamment l’élevage de moutons et de chèvres, l’élevage de porcs, et l’élevage de volailles et de production d’œufs. Volailles et œufs viennent au premier rang des importations d’élevage, avec un montant total de 17 millions de dollar sur un total de 45 millions de dollars. Le secteur d’élevage bovin a connu une diminution de ses importations de 57,1%, avec toutefois de fortes fluctuations d’une année à l’autre, notamment après 2002.
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