La prospérité future du Québec dépend de sa capacité à bâtir et faire croître une économie compétitive, productive et toujours plus intensive en savoir. Cela passe nécessairement par une main-d’oeuvre hautement qualifiée capable de penser et repenser la société, d’inventer et d’échanger. Proposer une éducation et une formation de haute qualité à l’ensemble de la population québécoise, et en particulier à sa jeunesse, est donc essentiel pour l’avenir.
SECOR vient de publier un « portrait sans complaisance » du système d’éducation québécois, qui servira aux participants du Focus stratégique Québec 2010 dans la préparation de l’événement du 22 avril prochain.
Voici, en synthèse, les principaux constats de ce rapport, qui a été rédigé par Sébastien Adam et Philippe Collas.
Le système d'éducation au Québec : forces et faiblesses
Les forces
- Le système d’éducation québécois a permis une hausse formidable du niveau d’éducation depuis 30 ans.
- Le niveau de scolarité est en forte progression depuis 30 ans. La croissance de la diplomation universitaire et secondaire a été remarquable, tant pour les hommes que pour les femmes.
- Le taux de diplomation au secondaire est parmi les plus élevés des pays développés.
- Résultat: le niveau de qualification est en hausse sur le marché du travail, et les emplois occupés par des titulaires de grades universitaires sont en forte progression.
- Les universités perçoivent des droits de scolarité (plus faibles que dans les autres juridictions nord-américaines) et des aides nombreuses sont offertes aux étudiants.
Les faiblesses
- La durée de scolarisation stagne. Le déclin démographique pourrait ne pas s’accompagner d’une baisse des effectifs scolarisés, en particulier si la durée de scolarisation s’allongeait, mais ce n’est pas le cas au Québec. Elle stagne depuis 20 ans. Dans une économie avancée, dite du savoir, cela peut constituer à terme un handicap sérieux.
- Le système coûte cher. Les dépenses en éducation, en croissance, sont relativement plus importantes que celles d’autres juridictions.
- Le Québec consacre une part plus importante de son PIB à l’éducation que les autres pays de l’OCDE, principalement à cause de coûts de l’enseignement plus élevés.
- L’augmentation de la dépense en matière d'éducation, de loisir et de sport s’explique par l’augmentation des coûts de système, mais aussi par les nombreuses mesures de réinvestissement et de développement.
- Le pourcentage de diplômés universitaires reste insuffisant. La part de la population de 25 à 64 ans détenant un grade universitaire reste plus faible au Québec qu’en Ontario, également plus faible que celle observée dans l’ensemble du Canada et dans certaines juridictions de comparaison.
- La formation des adultes progresse, mais accuse toujours un retard majeur par rapport aux autres provinces canadiennes et aux juridictions de comparaison.
- Le décrochage demeure encore un phénomène trop répandu et coûteux pour la société québécoise. Malgré la progression du niveau de scolarité, l’abandon des études avant l’obtention du diplôme avant l’âge de 20 ans reste une préoccupation majeure du monde scolaire.
- L’analphabétisme est encore trop présent et constitue un anachronisme pour une société québécoise qui doit bâtir une économie de plus en plus basée sur le savoir.