Innovation - résultats insatisfaisants
19 mars 2010 - 08:09
Pour préparer le Focus stratégique 2010 qui aura lieu le 22 avril prochain à Montréal, SECOR a préparé une série de documents qui seront regroupés sous le titre Le Québec 2010 : Un portrait sans complaisance. Voici les conclusions du cahier consacré à l'innovation au Québec. Le Québec, sous la houlette du ministère du Développement économique, de l’Innovation et des Exportations (MDEIE) a mis en place un système et des stratégies s’inspirant des meilleures pratiques en matière de développement et d’innovation. Les sommes consacrées à la recherche et développement sont, en proportion de la taille de l’économie, élevées. Cependant, si les moyens mis en œuvre sont importants, les résultats sont plus mitigés. Le système d'innovation québécois repose sur un modèle internationalement reconnu composé de trois sphères :
En matière d’innovation, le MDEIE a développé des stratégies générales, sectorielles et régionales ayant pour objectif de développer le potentiel d’innovation des entreprises québécoises. L’effort québécois en R-D est parmi les plus élevés des pays industrialisés et plus important qu’en Ontario, en Colombie-Britannique et que la moyenne canadienne. Comme le montre le tableau ci-dessous, les dépenses intra-muros en R-D exprimées en pourcentage du PIB du Québec situent la province devant l’Ontario, la Colombie-Britannique et certains pays du G7, comme la France, l’Allemagne et les États-Unis. Les dépenses intra-muros en R-D du secteur des entreprises exprimées en pourcentage du PIB, quant à elles, situent le Québec dans une position légèrement moins favorable par rapport aux autres pays industrialisés, mais toujours devant l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’ensemble du Canada.
Cependant, force est de constater que si les efforts semblent importants, les résultats sont plus mitigés. Malgré les sommes investies, une véritable culture de l’innovation, telle qu’on peut la rencontrer en Suède ou en Finlande, ne semble pas encore suffisamment implantée au Québec. Soulignons, à titre d’illustration, que l’innovation n’est pas au cœur des priorités des entreprises québécoises. Bon nombre d’entreprises ne font pas de R-D de façon continue et consacrent à ces activités des sommes très modestes. Cela est principalement dû à un manque de vision à moyen-long terme de la nécessité d’innover et à un manque de moyens financiers et humains pour entreprendre des activités de R-D. D’autre part, la valorisation des connaissances et le transfert des technologies vers les entreprises et les organisations demeurent insuffisants. Malgré un éventail impressionnant de structures qui favorisent le transfert et la valorisation, les retombées de la recherche sur l’économie ne sont pas maximisées, comme en atteste la performance inférieure du Québec par rapport à celle de l’ensemble des pays du G7 en matière d’inventions brevetées. Quand on se compare, on ne se console pas Si l’on prend comme base une étude comparative comme l’édition 2008 du World Knowledge Competitiveness Index, réalisée depuis cinq ans par l’université du Pays de Galles en Angleterre, le Québec ne figure que rarement sur les listes des régions compétitives. Selon ses concepteurs, l’étude cherche à mesurer la «capacité à générer et à transformer le savoir durablement, à traduire le savoir en valeur économique et à transférer la création de richesse vers les citoyens». Elle permet de se comparer à 145 régions, en utilisant 19 indicateurs différents. Le Québec se place plutôt en fin de classement mais il faut admettre que c’est le cas de la plupart des provinces canadiennes. Le rang le plus élevé des provinces canadiennes est l’Ontario. Nous reproduisons ci-dessous une partie du tableau qui résume les résultats de l’enquête pour les provinces canadiennes et nos juridictions de comparaison. La version complète se trouve dans le rapport de SECOR sur le sujet.
Commentaires |
Leclerc (Il y a 23 semaines 1 jour)
« À nous le podium » de l’économie verte ?
Le virage de l’économie verte dans une perspective de développement durable est devenu une « discipline prioritaire » pour plusieurs des pays qui viennent de prendre part aux Jeux Olympiques. Le Québec vise aussi à prendre ce virage. D’ailleurs, un des résultats de la Rencontre économique 2010 de janvier dernier été la création d’un comité de travail interministériel pour « proposer au gouvernement les actions à mettre en place pour profiter pleinement de la nouvelle économie verte qui pointe à l'horizon ».
Pour y arriver, pourquoi ne pas concevoir un programme du type « A nous le podium » pour que le Québec se distingue et soit parmi les meilleurs à l’échelle internationale.
Mais, comment se doter d’un tel programme au Québec compte tenu de nos limites ? Comment faire pour accélérer le développement des technologies propres et leur commercialisation ? J’avance un début de réponse. Le Québec a besoin d’un GIEC bien à lui…mais attention les lettres ont des significations différentes. Nous avons besoin de Gens qui se rassemblent et se mobilisent autour d’objectifs communs et d’actions concertées, l’Intérêt des décideurs à concevoir un cadre réglementaire et fiscal approprié, l’Expertise des spécialistes d’ailleurs en appui à ceux d’ici, et finalement des Capitaux étrangers mais aussi ceux provenant d’un réalignement de nos priorités et programmes déjà existants, notamment pour appuyer nos entrepreneurs dans leur démarche de commercialisation à l’international.
Les Jeux de la concurrence économique et de l’économie verte ne sont pas présentés uniquement aux quatre ans. Ils sont déjà commencés. À qui le podium ?
Bélanger (Il y a 23 semaines 6 jours)
À venir