Focus Stratégique Québec 2010 : une stratégie pour le Québec
ACCUEIL À PROPOS DU FOCUS COMPRENDRE COMMENTER
COMMENTER
Comparaison : l'Ontario
Québec : la grenouille dans l'eau chaude
Québec 2010: portrait sans complaisance
Relever le défi de la santé
Formation continue et organisations québécoises
Aéronautique : un fleuron du Québec
Éducation - deux singularités québécoises
PME et internationalisation
Repenser notre futur
Succès pour le Focus stratégique Québec 2010
Paul Jorion : le courage des solutions radicales
Ouverture du Focus : le mot des partenaires
Passer à l'action!
Paul Jorion, conférencier invité du Focus Québec 2010
Québec - le système financier
Québec : les valeurs de la relève
Québec - la dette publique
Québec - La gouvernance
Denys Arcand : "y a rien dans nos vies"
Attirer des cerveaux
Québec et perspectives mondiales
Démographie - Vieillissement, urbanité, immigration
Comparaison - Rhône-Alpes, source d'inspiration?
Santé - Une force mais aussi des défis
Deux visions du Québec : Jacques Ménard et Joseph Facal
Québec - Lucides et Solidaires
Paul Jorion, chroniqueur du XXIe siècle
Innovation - résultats insatisfaisants
La flamme s'est éteinte
Le Québec se cherche
Education - Portrait du système québécois
Capital naturel - L'or vert des forêts et de l'agriculture
Capital naturel - De l'or brun sous la terre
Capital naturel - De l'or bleu qui s'exporte
Capital naturel - Un pays (vraiment) riche
Comparaison - L'économie de la Finlande
Comparaison - L'innovation en Finlande
Un Pacte pour les universités
Comparaison - L'éducation en Finlande
Les enjeux : une priorité, trois axes, dix défis
L'annonce du Focus Stratégique du Québec 2010
Education: la double compétition
Passer de l'analyse à l'action
Les enjeux: deux listes préliminaires
L'objectif du Focus Stratégique Québec
Le défi d'une économie ouverte
Vieillir, quelle chance !

Attirer des cerveaux

9 avril 2010 - 09:14

L’innovation est étroitement liée à la productivité. La crise économique l’a rappelé durement aux entreprises dans le monde. Fait inquiétant, selon le Conseil des académies canadiennes, la productivité des entreprises canadiennes est passée de 90% à 76% de la productivité américaine entre 1984 et 2007. Le Québec ne fait pas exception.

Pire, plusieurs décrient aujourd’hui chez nos jeunes la chute de l’esprit entrepreneurial et innovant, longtemps une force de notre communauté d’affaires. Pourtant, les différents programmes et avantages fiscaux reliés à la recherche et au développement, et à la création d’entreprises au Québec figurent aux premiers rangs mondiaux. La globalisation des marchés a-t-elle révolutionné les modèles traditionnels d’innovation?

La réponse se trouve peut-être en partie du côté des politiques migratoires du Québec. L’innovation repose de plus en plus sur la faculté des entreprises de bénéficier de la mobilité des cerveaux. Les stratégies de recherche et de développement sont dynamiques et impliquent une circulation libre des talents. Le marché des cerveaux et des idées est une arène de combat où les entreprises font face à des défis croissants en matière de politiques migratoires et de protection de la propriété intellectuelle.

Les politiques migratoires du Québec sont basées principalement sur la volonté de pallier les défis démographiques et les pénuries de main-d’œuvre. Ce système répond à des besoins pressants, mais ne couvre pas adéquatement la question de la mobilité des idées.

Le programme des travailleurs temporaires permet aux entreprises de recruter à l’extérieur si la pénurie de main-d’œuvre est démontrée dans le marché visé. Toutefois, il n’accorde pas la faculté d’apprécier subjectivement les candidats et de recourir temporairement à des talents qui répondent à un besoin d’innovation et non strictement à un manque de main-d’œuvre. Ce système nuirait-il à notre faculté collective d’innover?

En 2006, aux États-Unis, l’USPTO (Office états-unien des brevets et des marques) a enregistré trois fois plus de brevets par million d’habitants qu’au Canada. Pourtant, le pourcentage de diplômés universitaires en sciences pures et appliquées parmi les diplômés étaient beaucoup plus élevé au Québec.

Des recherches démontrent que plus du quart des inventions américaines sont créées par des immigrants, seuls ou en collaboration avec des résidents américains. Un grand nombre de ces chercheurs émérites sont admis aux États-Unis à titre de travailleurs temporaires sous la catégorie H-1B.

Ce programme permet de recruter tout professionnel étranger sans démontrer une pénurie de professionnels dans le secteur visé. En somme, il permet aux entreprises de recruter les meilleurs. Il n’y a pas de recherche sans chercheurs et la capacité d’innover d’un professionnel se mesure bien davantage par une appréciation subjective qu’objective.

Le défi des politiques migratoires n’est pas d’imposer des mesures protectrices pour contrecarrer le flux des idées mais plutôt de s’assurer que l’environnement d’affaires québécois soit doublement attrayant pour attirer les ressources étrangères et susciter le retour de nos expatriés qui ont acquis à l’étranger une expertise additionnelle inestimable.

La mobilité des professionnels et des idées est une des clés essentielles vers l’innovation. À l’instar de l’ALENA et à la lumière du modèle européen, l’ouverture des marchés à la coopération globale et au mouvement international des compétences est une composante essentielle des efforts de recherche et développement de toute nation.

L’accord de mobilité conclu entre le Québec et la France et les négociations avec l’Union européenne vont en ce sens. Toutefois, nos entreprises font face à des défis immédiats et pressants. Espérons que le Québec saura adapter ses politiques pour prendre sa place dans l’arène compétitive de l’innovation.

Julie Lessard, associée chez BCF.
Chez BCF, nous sommes convaincus que le Québec a le potentiel d’une société d’exception. Comme tous ceux qui seront présents le 22 avril prochain, nous voulons laisser notre marque, et influencer et participer activement à l’élaboration de notre avenir commun.

  • Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
  • Version imprimableVersion imprimable