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Denys Arcand : "y a rien dans nos vies"

13 avril 2010 - 14:26

Denys Arcand a le goût de la réalité, la volonté de faire des films sur les «vraies personnes» et de dire les choses comme elles sont. Ainsi, les films de Tarantino lui paraissent agréables mais coupés du réel et, à ce titre, ne l’intéressent pas beaucoup. «Ce sont les films d’un commis de magasin vidéo», lâche-t-il dans le remarquable portrait que lui consacre Stéphan Bureau, mercredi soir à TéléQuébec.

Aussi quand il donne, en cinéaste,  «sa» vérité sur le Québec, le constat est sans détour. «Ce qu’il faut, dit-il  en revenant sur les réflexions qui l’animaient avant de tourner le Déclin de l’empire américain, c’est faire des films qui soient exactement comme nous, c’est-à-dire comme notre vie. Qu’est-ce qu’on connaît, nous, les Québécois? C’est quoi l’essentiel de notre vie? L’essentiel de notre vie, c’est qu’il n’y a pas de drames,  pas de grands drames sanglants,  pas de révolution, y’a rien dans nos vies.»

La phrase a frappé le chroniqueur Patrick Lagacé, qui  considère que «peut-être, elle résume tout le Québec de 2010». Il la prolonge à sa façon dans La Presse d’aujourd’hui: «Pas fou, au fond. Notre grand projet collectif ? Euh, attendez une seconde. L’échangeur Turcot? Le CHUM? Et quand nous sommes vraiment ambitieux: la laïcité».

Partant du caractère intimiste du cinéma québécois, le chroniqueur élargit le débat à la société québécoise dans son ensemble: «Et si ce n ‘était pas la faute de notre cinéma? Si c’était la faute, justement, de ce rien qui flotte partout? Je n’aime pas le mot, il a été piraté par les gens d’affaires, mais si c’était la faute de cet immobilisme tant décrié?»

Deux témoignages venant de personnes que l’on ne peut soupçonner de ne pas aimer le Québec, après deux autres: Le Québec se cherche, de Marcel Côté,  La Flamme s’est éteinte, de Sylvie Bovet, que l’on a pu lire ces derniers jours sur ce blogue.

Ce que les uns et les autres disent, en somme,  c’est que le Québec est une société confortable, qui aurait toutes les raisons de se contenter d’elle-même. Mais il se trouve que dans le monde d’aujourd’hui, qui fait du sur place s’enfonce. Si le constat de l’immobilisme est en effet largement partagé, la préparation du Focus stratégique Québec 2010 du 22 avril nous montre que la volonté de «redresser la maison Québec» pour la rendre plus dynamique est tout aussi réelle.

L’événement de jeudi prochain arrive au bon moment.

Alain-Marie Carron

  • La société de production Contact TV inc. a eu l’amabilité de nous laisser lire la transcription des entretiens entre Denys Arcand et Stéphan Bureau; une centaine de pages passionnantes, qui sont non seulement le reflet d’un homme mais aussi celui d’une génération de Québécois.
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Commentaires

RIOU (Il y a 19 semaines 4 jours)

Quand il n'y a rien dans nos vies c'est parce qu'on a oublié de les remplir. La société n'y est pour rien. Denis ARCAND avec tout son talent nous donne quelques clefs, à nous de poursuivre la réflexion et d'agir en conséquence.

Les gens heureux n'ont pas d'histoires car ils le sont tous en suivant à peu près le même chemin. De la modestie sans exagération, du boulot, de l'honnêteté, de la bonne volonté, du courage, de la prudence....

Plus généralement le gang d'épais chargé de gérer notre pognon "all over the world" a fait moins de dégats chez vous car il semble que dans cette affaire comme dans bien d'autres vous ayez étés plutôt moins cons que nous.

Kiss à tous les quebecquois, ne vous inquiètez pas trop, nous on vous trouve formidables.

VLQL!

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