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Québec - le système financier

19 avril 2010 - 14:02

Les participants au Focus stratégique du 22 avril recevront, parmi les cahiers qui constituent le Portrait du Québec sans complaisance, une étude sur le système financier du Québec, qui a été rédigé par Philippe Frizon, associé directeur chez SECOR. En voici les principaux éléments.

Au Québec, les entreprises du secteur Finances, Assurances et Crédit-bail représentent 6,2 % du PIB de la province en 2008, avec une croissance annuelle moyenne de 2,3 % de 2004 à 2008. Près des deux tiers du PIB du secteur proviennent du Grand Montréal (RMR – 63 %), alors que la région de Québec (RMR) en représente 15-16 %.

En termes de main-d’œuvre, le secteur des services financiers emploie 155 000 personnes à la fin 2008 au Québec, soit 4,7 % de l’ensemble des emplois de la province..

Les banques, les coopératives financières et les assureurs sont les principaux joueurs en termes de taille. S’y ajoutent quelques grands gestionnaires d’actifs basés au Québec.

Parmi les principales institutions financières du Québec, le Mouvement Desjardins se distingue à la fois par son statut coopératif et par sa forte présence sur le territoire. Tout comme la Banque Nationale, la majorité de ses activités sont situées au Québec, avec une présence limitée dans les autres provinces canadiennes et à l’international. Les principales banques canadiennes ont une présence significative au Québec.

Marché des particuliers

Le Québec compte près de 2 500 succursales (incluant Caisses et points de services), dont environ les deux tiers sont en zone rurale, avec, comme principaux joueurs, deux institutions basées au Québec, le Mouvement Desjardins et la Banque Nationale. Les autres banques canadiennes concentrent principalement leur présence dans les grandes villes, qui représentent la plus grande part du marché de l’épargne et du crédit.

Les banques contrôlent plus de 50 % des actifs investissables au Québec, dont la valeur atteignait 456 G$ en 2007 et dont plus de 60 % sont investis en fonds de placement et en valeurs mobilières.

Au cours des dernières années, le secteur des placements a été secoué par plusieurs événements à l’échelle locale, nationale et internationale. Certains produits financiers se sont révélés plus risqués qu’anticipé, en particulier les PCAA (papier commercial adossé à des actifs), affectant à la fois les acheteurs et les promoteurs de ces produits à travers le Canada. Le marché de l’épargne a aussi été victime de plusieurs escroqueries de la part de gestionnaires de fonds, pouvant dépasser 100 M$.

Le marché du crédit du Québec, aussi dominé par les banques, est constitué, en 2007, de plus de 200 G$ de crédit hypothécaire et plus de 60 G$ de crédit à la consommation.

Au cours des 10 dernières années, plusieurs banques canadiennes ont développé aussi une offre d’assurance (auto, habitation, vie), qu’ils offrent à leurs clients (en particulier BNC, Desjardins, RBC, TD). Cependant, le Mouvement Desjardins, dont le statut relève du gouvernement provincial, est le seul acteur à pouvoir développer la bancassurance au sein du même réseau physique de distribution.

Marché des entreprises

Comme pour le marché des particuliers, on retrouve de manière prépondérante la Banque Nationale et le Mouvement Desjardins, avec aussi la Banque Laurentienne, pour répondre aux besoins financiers des PME. Ces institutions s’appuient sur les mêmes succursales que pour les particuliers et aussi sur certains centres spécialisés pour les PME (par exemple, les CFE du Mouvement Desjardins).

Pour le financement des grandes entreprises du Québec, on rencontre plus généralement les grandes banques à charte canadiennes et certaines banques étrangères.

Pour les PME, le Québec fait face à un défi de financement de la relève, car un grand nombre de dirigeants vont prendre leur retraite au cours des 10 prochaines années (comme ailleurs au Canada).

Performance des banques

Au cours des dernières années, les principales banques ont mené des efforts importants pour améliorer leur productivité et atteindre, notamment, des ratios d’efficacité comparables aux grandes banques américaines et européennes (60 % environ).

Ayant des activités de banque d’investissement et de financement avec une exposition parfois limitée aux marchés financiers internationaux et bénéficiant d’un encadrement réglementaire qui a limité leur exposition à des investissements trop risqués, les banques canadiennes se sont récemment distinguées par une solidité financière plus grande que la plupart de leurs grandes concurrentes internationales.

Les assureurs de personnes et de dommages

Au Québec, l’assurance de personnes représente des primes brutes de plus de 14 G$ en 2007, alors que les primes souscrites en assurances de dommages atteignaient 11,3 G$ en 2007. Il y a au Québec 117 assureurs de personnes et 8 324 cabinets, sociétés et représentants autonomes en assurance de personnes, en 2009. Les six principaux assureurs représentent 75 % du marché.

En 2009, il y a 186 assureurs de dommages, appuyés par 1 161 cabinets, sociétés et représentants autonomes en assurance de dommages. Dans le secteur privé, les entreprises en assurances de dommages emploient près de 24 000 employés.

Le plus important parmi les gestionnaires d’actif est la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui gère un actif net de 120 G$ (fin 2008). Le Québec bénéficie aussi de la création en 1999 d’Investissement PSP qui gère près de 35 G$ (en date de mars 2009) pour le compte de caisses de retraite fédérales.

Avec un statut fiscal particulier, de grandes centrales syndicales ont constitué des fonds importants qui contribuent au financement des entreprises du Québec. Il s’agit du Fonds de solidarité FTQ (actif net de 6,4 G$ en mai 2009) et de Fondaction (actif net de 580 M$ en mai 2009).

En capital de risque, le Québec a adopté une stratégie relativement agressive qui a permis de diversifier les sources de financement disponibles pour les entreprises technologiques québécoises.  En 2008, l’activité transactionnelle au Québec a atteint 349 M$, en baisse de 46 % par rapport à 642 M$ en 2007, permettant le financement de 141 entreprises (nombre en baisse de 26 %). Cette évolution correspond à une tendance similaire sur l’ensemble du Canada (diminution de 36 % des investissements)

Les marchés boursiers

Seule Bourse canadienne de produits financiers dérivés, la Bourse de Montréal exerce dans trois domaines : les instruments financiers dérivés, les solutions en technologie de l’information et les services de compensation.

Le regroupement de la Bourse de Montréal et du Groupe TSX a été réalisé en mai 2008, permettant de créer le Groupe TMX. Héritage de la Bourse de Montréal, le nouveau groupe TMX détient maintenant une participation majoritaire dans Boston Options Exchange (BOX), l’une des sept Bourses d’options des États-Unis. Il s’agit de la première et seule Bourse étrangère autorisée par la « US Securities and Exchange Commission » à gérer les opérations techniques d’une Bourse américaine. TMX possède également une participation de 51 % dans le Marché climatique de Montréal Inc. (MceX). Résultat d’un partenariat avec la Chicago Climate Exchange en 2006, il s’agit de la Bourse des produits environnementaux au Canada.

Cent dix  centres financiers internationaux spécialisés dans le domaine des transactions financières internationales œuvrent sur le territoire de la ville de Montréal, assurant le recrutement et la rétention de main-d’œuvre hautement qualifiée.

L’appui public au financement privé

Le marché du Québec compte plusieurs intervenants publics, financés par les gouvernements fédéral et provincial. L’objectif de ces organismes est de stimuler l’activité économique, soit en étant complémentaire des acteurs privés, soit en offrant des incitatifs supplémentaires à l’investissement. Ils interviennent à travers des offres de dette, d’équité, d’assurance ou de subventions, soutenues parfois par une offre de conseil.

Le gouvernement du Québec intervient principalement à travers trois organisations, dont une spécialisée dans le secteur agricole et agroalimentaire :

  • La SGF (Société générale de financement du Québec) contribue, depuis 1962, au développement d’entreprises au Québec par le biais d’investissements en capital de développement avec des entreprises ou des investisseurs étrangers. La SGF intervient dans plusieurs secteurs : Agroalimentaire, Mines, Matériaux, Énergie, Environnement, Produits forestiers, Sciences de la vie, Technologies de l'information et des communications, par des financements directs et en contribuant à des fonds d’investissement. Fin 2008, la valeur de son portefeuille de placements s’élevait à 2 G$, et en 2009, les investissements ont atteint 288 M$.
  • Investissement Québec appuie les entreprises du Québec à tous les stades de leur croissance, à travers ses programmes de financement complémentaire, en offrant des garanties de prêts et des prêts.
  • La Financière agricole joue un rôle important d’appui financier à l’agriculture, en proposant des programmes d’assurance et de garantie de revenus aux producteurs et en favorisant le financement de leur projet par des garanties de prêts. Son encours de prêts garantis atteint 4,3 G$ et elle détient un portefeuille de valeurs assurées qui s’élèvent à 5 G$. Elle rejoint plus de 27 000 entreprises agricoles et forestières, ainsi que le secteur de la transformation alimentaire, avec ses 37 centres et comptoirs de services à travers le Québec.

 

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Commentaires

Coté (Il y a 19 semaines 3 jours)

Bonjour,

Je viens de lire dans La Presse, édition du 21 avril 2010, un article concernant le forum qui aura lieu à Montréal demain. Je suis intéressé à recevoir l'étude : Portrait du Québec sans complaisance.

Je travaille comme adjoint exécutif au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et je m'intéresse particulièrement à tous les dossiers qui traitent de stratégies en matière de développement économique. Si je pouvais recevoir en format PDF l'étude, je serais très heureux.

Je vous souhaite une excellente journée.

Merci de votre collaboration.

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