Focus Stratégique Québec 2010 : une stratégie pour le Québec
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GRANDS TEMOINS
Marcel Côté
Sylvie Bovet
Julie Lessard
Guy Leblanc
Marcel Côté - 2
CONTRIBUTIONS
PME et internationalisation / Louis Raymond
Education /Yvon Boudreau
Formation continue/ CRHA
La Santé / AMQ
LE QUÉBEC DANS LE SPECTRE MONDIAL
Introduction
Table des matières
Résumé
QUÉBEC 2010, PORTRAIT SANS COMPLAISANCE
Introduction
Education
Etat démographique
Etat de santé du Québec
Finances publiques
Infrastructures Télécom
Infrastructures : construction et transports
Innovation
Dette publique
Gouvernance
Capital naturel
Marché du travail
Performance du Québec
Système financier
Valeurs de la relève
Valeurs sociales
LE DIAGNOSTIC
Introduction
Résumé du diagnostic
Les juridictions de comparaison
LES ENJEUX
Deux listes préliminaires
1 priorité, 3 leviers, 10 défis
Le Québec se cherche
L'ÉVÉNEMENT
Programme de la journée
Communiqué de presse du 10 février 2010
Communiqué de presse du 27 janvier

La flamme s'est éteinte

17 mars 2010 - 13:16

Sylvie Bovet

 

 

 

 

 

En tant que relève principale de la quatrième génération d'une entreprise québécoise, il m'arrive souvent de réfléchir sur les enjeux de ma génération au travail. Non seulement je réalise le besoin d'en discuter, mais je suis aussi aujourd'hui dans une position pour agir et faire avancer mes idées. Plus que jamais, c'est maintenant à mon tour et à celui de mes collègues et amis qui forment ma génération, celle des 25-35 ans, de jouer le "rôle des grands" et de faire avancer le Québec.

Chaque génération a ses défis. L'un des nôtres est certainement de vivre dans une société où presque tout est possible. Il n'y a plus de barrières pour accéder à une carrière ou pour réaliser un projet auquel nous rêvons. Le problème est qu'il y a tellement d'opportunités alléchantes qu'il devient difficile de faire un choix et de s'y investir complètement. Les passions, projets et idées qui nous animent sont multiples. Mais la vérité est que le passage de la parole à l'acte n'est pas la force qui nous caractérise le plus.

Il va sans dire que ma génération est bien formée et qu'elle cultive ses compétences. Nous avons certes le potentiel de nos ambitions. Cela nous amène à désirer et à croire être capables de régler le sort du monde. Toutefois, le quotidien nous rattrape vite. Et on préfère malheureusement trop souvent s'échouer devant la télé pour regarder l'émission de téléréalité du moment plutôt que d'investir les heures nécessaires à bosser pour réaliser ses projets.

Bref, on veut le gros poste, beaucoup de responsabilités, un gros salaire, mais nous ne sommes pas nécessairement prêts à faire les sacrifices que cela implique. Quand vient le temps de mettre l'épaule à la roue, nous répondons la plupart du temps: absent. C'est comme si le sens du devoir et des responsabilités nous échappait.

Je travaille pour une entreprise familiale québécoise dans le milieu du commerce de détail et je suis à même d'observer le choc des générations. Je remarque que celle à laquelle j'appartiens manque parfois d'énergie ou de volonté pour foncer.

Je crois que nous ne possédons plus la flamme qui animait la génération qui nous précède, c'est-à-dire celle qui a formé le Québec inc. Les entrepreneurs n'hésitaient pas à risquer leur maison et leurs épargnes pour démarrer une entreprise ou pour réaliser leur rêve. Ils osaient et fonçaient au risque de repartir à la case départ sans passer par GO. D'autres ont dû se relever les manches pour poursuivre le commerce d'un parent et ainsi faire vivre leur famille.

Mes deux grands-pères ont vécu cette situation et je ne peux que les admirer. Ils en ont passé des moments pénibles, mais aujourd'hui ils ont le regard fier d'entrepreneurs qui ont pleinement vécu leur vie. Certes, ils sont satisfaits de leur réalisation, mais ils sont encore plus fiers de la grande famille qu'ils ont créée autour d'eux: leurs employés.

La réflexion qu'ils portaient sur l'avenir commençait par "nous" et non par "je". Travailler pour rendre les gens heureux et procurer une vie confortable pour tous. Vision qui détonne de la nôtre qui tend souvent vers l'atteinte du million ou la maximisation des REER en fin d'année.

Aurions-nous quelque peu perdu cette notion du risque? Il faut retrouver le plaisir de réaliser quelque chose au lieu d'être en quête constante d'argent ou de standing. Accomplir des choses collectivement pourrait triompher d'un individualisme excessif répandu dans la nouvelle génération des gens d'affaires.

C'est certain que les réalités sont différentes aujourd'hui. Le couple est au centre des décisions et des actions.Notre but est de s'offrir le plus de possibilités et de confort possible. Mais pour tout avoir et tout faire, on doit concilier le travail, les activités et les tâches ménagères. C'est fréquent de voir un ou une collègue quitter le bureau tôt pour une situation familiale. C'est tout à fait respectable. Mais cela entraîne dans l'environnement de travail une autre dynamique qui n'est peut-être pas compatible avec nos ambitions professionnelles. Il faut en être conscient.

Ce n'est pas tant le temps investi dans notre carrière ou dans nos projets de société qui m'inquiètent - car je crois que nous sommes performants - mais plutôt la passion de ses objectifs et la persévérance de réussir. Il faut aller au bâton pour faire un circuit. Il faut s'animer, oser, trébucher, se relever et persévérer pour vivre pleinement notre vie et la terminer avec une fierté d'accomplissement!

Sylvie Bovet est vice-présidente, achats pour le groupe Bovet et membre du comité consultatif Relève du Focus stratégique Québec 2010, mis sur pied par SECOR Conseil. Elle s'exprime à titre personnel.

Cet article est paru aujourd'hui dans le journal La Presse, partenaire du projet Focus stratégique Québec 2010

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