Focus Stratégique Québec 2010 : une stratégie pour le Québec
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GRANDS TEMOINS
Marcel Côté
Sylvie Bovet
Julie Lessard
Guy Leblanc
Marcel Côté - 2
CONTRIBUTIONS
PME et internationalisation / Louis Raymond
Education /Yvon Boudreau
Formation continue/ CRHA
La Santé / AMQ
LE QUÉBEC DANS LE SPECTRE MONDIAL
Introduction
Table des matières
Résumé
QUÉBEC 2010, PORTRAIT SANS COMPLAISANCE
Introduction
Education
Etat démographique
Etat de santé du Québec
Finances publiques
Infrastructures Télécom
Infrastructures : construction et transports
Innovation
Dette publique
Gouvernance
Capital naturel
Marché du travail
Performance du Québec
Système financier
Valeurs de la relève
Valeurs sociales
LE DIAGNOSTIC
Introduction
Résumé du diagnostic
Les juridictions de comparaison
LES ENJEUX
Deux listes préliminaires
1 priorité, 3 leviers, 10 défis
Le Québec se cherche
L'ÉVÉNEMENT
Programme de la journée
Communiqué de presse du 10 février 2010
Communiqué de presse du 27 janvier

Attirer des cerveaux

Julie Lessard

L’innovation est étroitement liée à la productivité. La crise économique l’a rappelé durement aux entreprises dans le monde. Fait inquiétant, selon le Conseil des académies canadiennes, la productivité des entreprises canadiennes est passée de 90% à 76% de la productivité américaine entre 1984 et 2007. Le Québec ne fait pas exception.

Pire, plusieurs décrient aujourd’hui chez nos jeunes la chute de l’esprit entrepreneurial et innovant, longtemps une force de notre communauté d’affaires. Pourtant, les différents programmes et avantages fiscaux reliés à la recherche et au développement, et à la création d’entreprises au Québec figurent aux premiers rangs mondiaux. La globalisation des marchés a-t-elle révolutionné les modèles traditionnels d’innovation?

La réponse se trouve peut-être en partie du côté des politiques migratoires du Québec. L’innovation repose de plus en plus sur la faculté des entreprises de bénéficier de la mobilité des cerveaux. Les stratégies de recherche et de développement sont dynamiques et impliquent une circulation libre des talents. Le marché des cerveaux et des idées est une arène de combat où les entreprises font face à des défis croissants en matière de politiques migratoires et de protection de la propriété intellectuelle.

Les politiques migratoires du Québec sont basées principalement sur la volonté de pallier les défis démographiques et les pénuries de main-d’œuvre. Ce système répond à des besoins pressants, mais ne couvre pas adéquatement la question de la mobilité des idées.

Le programme des travailleurs temporaires permet aux entreprises de recruter à l’extérieur si la pénurie de main-d’œuvre est démontrée dans le marché visé. Toutefois, il n’accorde pas la faculté d’apprécier subjectivement les candidats et de recourir temporairement à des talents qui répondent à un besoin d’innovation et non strictement à un manque de main-d’œuvre. Ce système nuirait-il à notre faculté collective d’innover?

En 2006, aux États-Unis, l’USPTO (Office états-unien des brevets et des marques) a enregistré trois fois plus de brevets par million d’habitants qu’au Canada. Pourtant, le pourcentage de diplômés universitaires en sciences pures et appliquées parmi les diplômés étaient beaucoup plus élevé au Québec.

Des recherches démontrent que plus du quart des inventions américaines sont créées par des immigrants, seuls ou en collaboration avec des résidents américains. Un grand nombre de ces chercheurs émérites sont admis aux États-Unis à titre de travailleurs temporaires sous la catégorie H-1B.

Ce programme permet de recruter tout professionnel étranger sans démontrer une pénurie de professionnels dans le secteur visé. En somme, il permet aux entreprises de recruter les meilleurs. Il n’y a pas de recherche sans chercheurs et la capacité d’innover d’un professionnel se mesure bien davantage par une appréciation subjective qu’objective.

Le défi des politiques migratoires n’est pas d’imposer des mesures protectrices pour contrecarrer le flux des idées mais plutôt de s’assurer que l’environnement d’affaires québécois soit doublement attrayant pour attirer les ressources étrangères et susciter le retour de nos expatriés qui ont acquis à l’étranger une expertise additionnelle inestimable.

La mobilité des professionnels et des idées est une des clés essentielles vers l’innovation. À l’instar de l’ALENA et à la lumière du modèle européen, l’ouverture des marchés à la coopération globale et au mouvement international des compétences est une composante essentielle des efforts de recherche et développement de toute nation.

L’accord de mobilité conclu entre le Québec et la France et les négociations avec l’Union européenne vont en ce sens. Toutefois, nos entreprises font face à des défis immédiats et pressants. Espérons que le Québec saura adapter ses politiques pour prendre sa place dans l’arène compétitive de l’innovation.

Julie Lessard, associée chez BCF.
Chez BCF, nous sommes convaincus que le Québec a le potentiel d’une société d’exception. Comme tous ceux qui seront présents le 22 avril prochain, nous voulons laisser notre marque, et influencer et participer activement à l’élaboration de notre avenir commun.

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