IntroductionL’objectif du diagnostic dont le titre est Portrait du Québec sans complaisance est fondamentalement de dresser un tableau le plus large possible de la situation actuelle. Il se veut donc éminemment descriptif et comparatif. C’est en effet des comparaisons que découlent souvent les analyses les plus pertinentes. Nous n’avons pas la prétention de l’originalité non plus et notre objectif a été d’offrir un portrait qui soit le plus large et précis possible. L’intérêt du diagnostic, qui peut être lu par chapitres, est aussi de voir large. Un des objectifs du FOCUS est d’obtenir de la cohérence, car celle-ci est nécessaire à la performance. La cohérence viendra, en partie, du consensus sur le diagnostic. Faire un diagnostic d’une juridiction n’est pas chose aisée et diffère singulièrement d’un diagnostic stratégique d’entreprise. Le cadre d’analyse que nous avons retenu est inspiré de celui de la Banque Mondiale. Après un portrait économique très factuel de la situation actuelle, nous allons examiner successivement 4 grandes dimensions : le capital naturel, le capital humain, les infrastructures et les superstructures. Le capital naturel est en grande partie « donné » à la juridiction. Le capital naturel comprend la description de notre territoire et ses caractéristiques géographiques, hydrographiques et climatiques, ainsi que l’inventaire du potentiel des ressources naturelles (eau, sol, sous-sol), leur mise en valeur et bien sûr leur conservation. Le capital naturel peut constituer une force (exemple notre richesse en eau) ou un défi (la rigueur du climat ou l’étendue du territoire). C’est le capital humain et la mise en place des infrastructures nécessaires qui permet la mise en valeur du capital naturel. Le capital humain est composé de trois volets : la démographie, l’état de santé et le capital de compétences et de connaissances. La démographie est une tendance lourde, il est très difficile d’agir dessus à court terme mais il est important que les enjeux sociaux et économiques qui en découlent soient compris par tous et que des politiques démographiques appropriées soient mises en place. L’état de santé est tributaire de la démographie, des politiques de santé publique, de l’offre de soins mais aussi des habitudes de vie de la population. Enfin le capital « savoir » (connaissances et compétences) est issu du système éducatif, mais aussi de l’emphase donnée à la formation continue et facteur plus difficile à saisir, de l’importance donnée au savoir et à l’éducation par les personnes. Les infrastructures sont l’ensemble des moyens permanents mis en place pour permettre la vie et le développement économique et la protection et les échanges des personnes, des biens et des idées. Essentiellement on y considère deux facteurs importants les infrastructures de transport et les infrastructures de télécommunications. Le parc immobilier et la dynamique de la construction en font aussi partie. Les infrastructures permettent de mettre en valeur le capital naturel et sont indispensables au capital humain. Les superstructures sont l’ensemble des moyens et des systèmes que se donne la juridiction pour fonctionner efficacement. On s’attache ici essentiellement à la gouvernance au sens large, aux valeurs de la société (qui peuvent être des freins ou des accélérateurs des changements) et le système financier au sens large (fiscalité, finances publiques et système bancaire). Le diagnostic se veut accessible à tous et n’est pas nécessairement conçu comme un ouvrage d’expert. On trouve donc des résumés en début de chaque chapitre et des lexiques à la fin. Malgré le soin apporté à la relecture et à la vérification des données, nul n’est à l’abri d’une erreur ou d’une omission, et nous apprécierons de recevoir vos commentaires ou remarques auxquels nous apporterons une réponse dans les délais appropriés. Nous vous souhaitons une bonne découverte du Québec à travers votre lecture. Philippe Collas |