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Le Québec se cherche

12 mars 2010 - 09:31

Depuis quelques années, le débat public québécois tourne en rond, faute de projets inspirants. En fait, le syndrome «pas dans ma cour» prédomine. Chacun veut avant tout protéger ses acquis en négligeant le bien commun.

Serait-ce un phénomène de génération? Les baby-boomers grisonnent et pensent de plus en plus à leur retraite. À quoi bon lancer un nouveau projet quand on se prépare à décrocher? Dominants dans la classe politique, ils donnent le ton au débat.

Grandissant dans la foulée de la Révolution tranquille, ils ont construit nos universités, francisé notre économie et ouvert le Québec aux influences internationales. Un mythe leur attribue la modernisation de la société  québécoise. C’est oublier que les baby boomers ont transformé toutes les sociétés industrialisées. Leur marque au Québec fut d’en faire une nation francophone, laïque et social-démocrate, lui donnant une place unique sur l’échiquier nord-américain.

Tout ne fut pas réussi. Les finances publiques en sont sorties malades. Le Québec a peu de marge de manoeuvre fiscale et est le triste champion de l’endettement public en Amérique du Nord (40 000$ par habitant). Nos infrastructures publiques demeurent très stressées, du système de santé aux routes. Indice d’une performance discutable, l’économie québécoise reste sensiblement au même niveau qu’il y a 50 ans avec un PIB par habitant qui se situe à 81% de la moyenne canadienne.

La génération des baby-boomers a cristallisé le débat public sur la quête identitaire et la question nationale, reléguant au second rang d’autres débats de société tout aussi importants et qui ont prévalu dans tous les grands pays démocratiques. Les tentatives pour renouveler le débat, comme les manifestes des lucides et des solidaires, ont eu peu de succès. On se gardera toutefois de blâmer les partis politiques pour cette situation. Ils sont le reflet de la société.

On déplorera aussi le décrochage des jeunes qui, désabusés, s’éloignent de l’arène publique pour s’investir localement. On peut les comprendre, le débat portant plus sur l’ardoise du passé que sur la construction du futur.

Ce malaise politique n’est pas propre au Québec. La politique canadienne n’est pas dans une phase des plus glorieuses. Aux États-Unis, le système politique bloqué s’enfonce dans un esprit partisan balisé par des extrémismes beaucoup plus prononcés qu’ici. Outre-Atlantique, le rêve d’une Europe unie s’estompe. À quelques nuances près, le portrait global partage avec le Québec une indéniable morosité. Nous devons amorcer une transition et redécouvrir un futur à bâtir.

Le 22 avril, sur une initiative lancée par des collègues de SECOR, et encouragée par diverses institutions de notre société civile, plus de 300 personnes de toutes les régions du Québec et de tous les milieux se réuniront à Montréal pour tenter de renouveler la réflexion collective québécoise sur notre avenir.

Deux particularités de ce rendez-vous méritent d’être signalées.

D’une part, l’échange entre les générations: près de la moitié des participants seront des hommes et des femmes de moins de 40 ans. Les autres, l’éventail habituel des baby-boomers qui dirigent nos entreprises et nos institutions. Par ce dialogue entre les générations et la structure des discussions, nous souhaiterons contribuer à redonner un nouveau souffle au débat public québécois.

D’autre part, c’est en se comparant que l’on peut bien se situer. Une étude dresse un portrait comparatif avec sept autres ensembles: la Suède, la Finlande, la région Rhône-Alpes, le Massachussetts, le Minnesota, l’Ontario et la Colombie-Britannique. Sept régions avec qui le Québec peut valablement se comparer même si elles sont engagées dans des cheminements différents fondés sur leurs propres atout et enjeux de société.

Trop souvent dominé par la critique, par ce qui ne va pas, le débat public oublie que l’avenir se bâtit aussi sur ce qui fonctionne et sur les atouts naturels. Il faut penser le Québec de demain avec ceux qui le dirigeront, en s’inspirant d’autres gouvernements qui vivent des défis du même ordre. Peut-être pourrons-nous alors amorcer un débat public plus productif et rêver que nous cesserons de tourner en rond?

Marcel Côté est associé-fondateur de SECOR et co-président du Focus stratégique 2010 qui se tiendra le 22 avril prochain à Montréal

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Commentaires

Carron (Il y a 1 an 46 semaines)

Merci M. Hollingworth,

Nous avons transmis ces références à M.Côté et nous allons voir comment utiliser le contenu de ces articles dans le travail d'élaboration du Focus stratégique du 22 avril prochain.

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Hollingworth (Il y a 1 an 46 semaines)

Bonjour M. Coté,

Je pensais que peut-être deux de mes articles pourraient vous servir pour alimenter vos discussions….

http://www.iveybusinessjournal.com/article.asp?intArticle_ID=868

et (voir la session de 10 heures pour obtenir un pdf de l'article)

http://www.alares.es/index.php/fundacion_alares/i_congreso_internacional...

Bonne chance avec le conference...

Au plaisir
Mark

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