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Deux visions du Québec : Jacques Ménard et Joseph Facal

25 mars 2010 - 21:49

Avec Si on s’y mettait et Quelque chose comme un grand peuple, Jacques Ménard et Joseph Facal, «brassent la cage», chacun à leur façon.

Les deux livres sont centrés sur l’urgence d’agir, dans un Québec parvenu au faîte de sa prospérité, au sommet de la vague,  mais qui ne peut que décliner s’il ne s’attaque pas rapidement à quelques problèmes majeurs.

Jacques Ménard est président du conseil d’administration de BMO Nesbitt Burns et président de BMO groupe financier, Québec. Il est depuis longtemps très engagé dans des initiatives communautaires et philantropiques.

Lutter contre la médiocrité

Quand le banquier donne la parole au citoyen qu’il est aussi, il ne mâche pas ses mots. «Le Québec se complaît dans la médiocrité» est le titre de la première partie de son livre, qui reproche à la classe politique et aux gens de pouvoir en général de réarranger les chaises sur le pont du Titanic pour mieux voir l’iceberg…

Pour lui, le modèle québécois «s’est enrichi d’une nouvelle pièce: le F.R.E.I.N», au point que «nous vivons maintenant dans un Québec frileux qui craint de plus en plus le changement, qui s’engage dans l’avenir les yeux rivés sur le rétroviseur».

Le ton est donné, le livre se poursuit par un tir d’artillerie contre les insuffisances du Québec de 2010.

Au chapitre des finances publiques, l’auteur estime que nous avons «une dette à donner des cauchemars aux insomniaques» et que «notre niveau d’imposition est à vous décourager de travailler».

Il décrit les risques associés au vieillissement démographique, proposant dans ce domaine trois pistes d’action: améliorer notre productivité, augmenter le taux de participation au marché du travail, allonger la durée de travail.

Le livre est tout entier écrit dans le souci de bien comprendre les attentes des jeunes Québécois et leur niveau de connaissance des problèmes de notre société. Pour cela, l’auteur a rencontré de nombreux jeunes et commandé plusieurs sondages.

C’est d’ailleurs à l’éducation qu’il consacre une bonne part de ses réflexions. Compte tenu du vieillissement de la population et dans une économie de plus en plus axée sur le savoir, le taux de décrochage au Québec lui apparaît comme une véritable tragédie.

Rappelons que l’automne dernier, l’économiste Pierre Fortin avait évalué à 500 000 dollars le coût de chaque décrocheur pour la société, en calculant les pertes de revenus anticipées, le coût supplémentaire en soins de santé et le manque à gagner en rentrées fiscales pour l’État.

Jacques Ménard a présidé un groupe de travail sur ce sujet, qui a rendu un rapport intitulé Savoir pour pouvoir: entreprendre un chantier national pour la persévérance scolaire, qui présente une série de recommandations (vous pouvez le télécharger ICI).

Dix chantiers à ouvrir d’urgence

Pour ce qui est des principaux problèmes de la société québécoise, Jacques Ménard propose d’ouvrir dix grands chantiers:

  • Faire preuve de respect envers la population québécoise en l’informant correctement des grands défis auxquels elle est confrontée.
  • Libérer notre créativité collective en remboursant notre dette publique.
  • Donner à nos entreprises les moyens de créer des emplois de qualité pour nos jeunes et récompenser le succès de nos entreprises.
  • Inciter les Québécois à travailler et à innover grâce à un système fiscal axé sur le fruit de l’effort, c’est à dire arrêter de taxer de plus en plus les individus et les entreprises qui font des efforts pour gagner de l’argent et pour innover.
  • Faire d’une gestion responsable de l’eau un levier important de notre économie.
  • Accélérer le développement des services pour les personnes âgées et assurer l’équité entre les générations en créant un régime universel et indépendant d’assurance contre la perte d’autonomie.
  • Hausser la productivité au rang d’hymne à la réussite, c’est à dire convaincre la population du Québec qu’il faut donner aux entreprises qui créent la richesse les moyens de le faire.
  • Éduquer pour éveiller, cultiver, faire performer et préparer les générations suivantes à la vie et aux immenses défis du Québec.
  • Brancher le marché du travail sur les valeurs des jeunes pour concurrencer efficacement les meilleurs du monde.
  • Favoriser la participation de nos entreprises à tous les efforts dans le but de renforcer le système d’éducation, la performance des services d’orientation et le soutien à la participation au marché du travail.

«Il est grand temps, conclut l’auteur, que nous sortions de notre torpeur, car il se fait tard et le monde n’attend pas après nous. Les jeunes me l’ont dit. Si ça ne se fait pas ici, ça va se faire ailleurs!»

Quelque chose comme un grand peuple

 

 

Avec Si on s’y mettait, Jacques Ménard a pris le titre de son livre chez le chanteur Jean-Pierre Ferland. Pour  Quelque chose comme un grand peuple, Joseph Facal a emprunté le sien à René Lévesque.

Le livre de celui qui a été auparavant député et ministre de plusieurs gouvernements du Parti québécois a le projet ambitieux de brosser le chemin parcouru par le Québec et les Québécois depuis la Révolution Tranquille, d’analyser la situation de notre société aujourd’hui, pour finalement proposer une série d’orientations pour l’avenir.

Si la souveraineté apparaît toujours à l’auteur comme l’horizon naturel de la société québécoise, le livre est avant tout consacré à l’analyse et à la discussion des problèmes socio-économiques du Québec 2010.  Un ouvrage d’action donc, pour tenter de dissiper ce que Joseph Facal appelle le «malaise dans la modernité québécoise».

Posant de façon rhétorique la question «Que faire précisément?», l’auteur estime que «pour l’essentiel, nous le savons. On ne compte plus les rapports d’experts qui proposent des listes de réformes à accomplir».

De fait, Joseph Facal se retrouve en accord avec un certain nombre de diagnostics (l’école, la dette publique, la démographie, la productivité) que l’on retrouve aussi bien chez Jacques Ménard que dans le manifeste des Lucides.

L’originalité de son propos tient à ce qu’il met l’accent sur des éléments négligés par d’autres et qu’il intègre son analyse économique dans une vision politique du Québec.  Il insiste pour que ne soit pas perdue de vue la continuité historique qui a façonné la société québécoise, dénonçant ce qu’il appelle le «présentisme forcené» dont est atteint le Québec qui, le privant de sa mémoire, le prive aussi de direction et de sens.

Jacques Ménard dénonçait l’idée que l’on puisse «devenir riche sans travailler fort», observant que «les jeunes québécois ne tiennent pas particulièrement à s’échiner au travail». Joseph Facal  semble assez proche de cette idée, mais il élargit l’analyse, estimant que nous souffrons d’une affection qu’il nomme «essoufflement idéologique et confusion intellectuelle».

«Pour dire les choses carrément, écrit-il, la tradition peut certes être pesante et aliénante. Mais la liquidation de la tradition classique mène logiquement à la liquidation de la culture classique, ce qui conduit au relativisme éthique et culturel et débouche sur un nihilisme soft et largement inconscient»

Une certaine forme de multiculturalisme ultra permissif lui paraît être davantage le reflet de notre perte d’identité que de notre grandeur d’âme. Regrettant notre «propension presque maladive à chercher à tout prix des «consensus» et à craindre la «chicane», revers d’une qualité qu’il reconnaît au peuple québécois - sa «tradition du dialogue et de la concertation» - il voudrait asseoir le Québec de demain sur des bases robustes et traditionnelles: l’école, la famille, le patriotisme, la vraie solidarité, le courage et la lucidité…

Solutions pour le Québec dans un monde nouveau

Du manifeste des Lucides aux thèses de Jacques Ménard, chacun des écrits qui alimentent aujourd’hui le débat autour de l’avenir du Québec inclut une série de propositions. Le livre de Joseph Facal en donne huit qui ressemblent fortement, à deux exceptions près, aux pistes de solutions proposées par les uns et les autres.

Il s’agit pour lui de répondre au défi démographique en favorisant l’augmentation du taux d’emploi dans toutes les catégories sociales, ce qui ne pourra pas empêcher la baisse du poids des travailleurs.

Considérant que cette baisse aura à son tour pour effet de freiner la croissance économique, la réduction rapide de la dette publique lui paraît être un objectif essentiel.

En même temps, le Québec va évoluer dans un contexte de concurrence internationale accrue auquel il ne pourra faire face qu’en améliorant sa productivité.

Joseph Facal propose  également «la réhabilitation de valeurs qui n’ont sans doute pas été les plus fortement mises en évidence dans le Québec des dernières décennies: effort, efficacité, productivité, épargne».

Sa dernière proposition porte sur le statut politique du Québec, dans un contexte où le Canada anglais a selon lui «tourné le dos pour de bon à un quelconque statut particulier pour le Québec, de même qu’à la conception québécoise traditionnelle d’un Canada binational organisé suivant une division stricte des pouvoirs constitutionnels».

Joseph Facal, qui est aussi professeur à HEC,  est actuellement en année sabbatique en Espagne. Le mot de la fin de son livre pourrait être cette citation de l’écrivain espagnol Ortega y Gasset, qu’il place en tête d’un chapitre intitulé «Le Québec dans un monde nouveau»:

«Mais aujourd’hui, l’homme échoue parce qu’il ne peut rester au niveau des progrès de sa civilisation».

C’est d’un tel risque que le Focus stratégique cherche à nous prémunir.

Alain-Marie Carron

Jacques Ménard avec Denis Beauregard. Si on s'y mettait. Les éditions Transcontinental. 2010

Joseph Facal. Quelque chose comme un grand peuple. Boréal. 2010

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Commentaires

rochette (Il y a 1 an 7 semaines)

Au K...uébec, la K...ORRUPTION n'aura qu'un temps

au K...uébec ces jours-ci
c'est par la K...ualité du fumier
qu'on peut intuitionner
les futures récoltes

En ce moment même, Dieu sculpte l'âme du K...uébec
oar ses rêveurs equitables en marche vers le pays oeuvre d'art
comme Dieu a sculpté l'âme de l'oratoire St-Joseph
par son rêveur équitable K...ue fut le frère André:))))

Mon nom est Pierrot Rochette

Il y a 35 ans, je fondais les boîtes à chansons les deux Pierrots dans le Vieux Montréal.

Il y a trois ans, je donnais tous mes biens pour devenir ermite des routes (www.demers.qc.ca, chansons de pierrot, paroles et musique, entrevue à la radio de radio-canada de sept-iles, en deux parties. Mon objectif étant d'allumer sur ma route de nomadisme politique une masse critique de rêveurs équitables de façon à ce qu'après ma mort, cette masse critique de vies privées oeuvre d'art fasse surgir le concept du pays oeuvre d'art, comme contribution au K...uébec du 21eme siecle. (www.reveursequitables.com)

Il y a deux ans et demie, deux jeunes femmes cinéastes me trouvèrent endormi sur une galerie et me firent part de leur rêve: faire un documentaire sur ma démarche politique en me suivant épisodiquement avec une caméra. Un six minutes de leur oeuvre est offert sur le site internet suivant: (www.enracontantpierrot.blogspot.com).

Samedi soir le 4 décembre 2008 à Montréal, à 20 heures au CAFE QUI FAIT QUOI (coin sherbrooke, St-Denis), aura lieu la première de la projection de ce documentaire intitulé: MON AMI PIERROT, LE DERNIER HOMME LIBRE. Après le 45 minutes que dure cette projection, je répondrai aux questions en chantant avec ma guitare quelques unes de mes 105 chansons politiques écrites sur la route sur de vraies rencontres et de vraies histoires vécues.

p.s.

Sur le site web (www.reveursequitables.com), est aussi offert une partie de mon oeuvre littéraire. Un premier 1000 pages politique intitulé MONSIEUR 2.7 K (k... pour K...uébécois) et comme second titre LE JOURNAL-COURRIEL DU DERNIER HOMME LIBRE.

A partir d'une lecture post-internet des 50 ans de la révolution tranquille, MONSIEUR 2.7 K defend l'hypothèse théorique suivante:

Les 50 ans de la révolution tranquille peuvent s'interpréter comme un outil méthodologique que se sont donné les K...uébécois pour réaliser en trois temps dialectiques le manifeste du refus global de 1948.

ier temps

De 1960 à 1995, le projet de l'indépendance du K...uébec fut vécu comme un attracteur philosophique permettant un rattrapage économique et social répondant comme un écho à la sirène de la modernité nord-américaine, provoquant par conséquence systémique la primauté des droits collectifs sur les droits individuels

2eme temps

En 1995, la rupture épistémologique que constitua la chute du mur ethno-linguistique du référendum parizeau peut etre interprétée comme un rattrapage de la nouvelle conjecture mondiale annoncée par la naissance d'internet (1989) et la chute du mur de Berlin (1989).

3eme temps

De 1995 à aujourd'hui, Le K...uébec comme le reste du K...anada est passé d'une société verticale pré-internet à une société horizontale post-internet (cellulaire, facebook, twitter etc...) consacrant les structures collectives déjà en place comme outils satisfaisant devant la demande croissante de la primauté des droits individuels sur les droits collectifs, de quelque nature que ce soit.

CONCLUSION

L'intense corruption publique que vit le K...uébec en ce moment peut être interprétée comme une transition d'une structure démocratique à une autre, dans la ligne de rupture de pensées de Montesquieu (la séparation des pouvoirs),Lammenais (une naiton = langue, race, religion), Wilfrid Laurier (les droits ont primauté sur la langue, la race et la religion), Franck Scott (la charte des droits et libertés annoncant le surgissement du futur pays oeuvre d'art, (Pierrot Rochette)(le pays oeuvre d'art n'étant possible que par la masse des vies privées oeuvre d'art) (www.ww.demers.qc.ca, l'ile de l'éternité de l'instant présent, prologue, on m'y écrit) (www.demers.qc.ca, chansons de pierrot paroles et musique, 2eme partie de l'entrevue à Radio-Canada.

La crise de corruption que vit le K...uébec ces jours-ci invite peut-être les citoyens de toutes les régions du Canada à une réflexion du genre de celle-ci:

La liberté la plus grande de toutes consiste à réformer son existence, condition préalable à toute réforme de la société.

A partir de cet a priori, on pourrait définir le rêveur équitable du 21eme siècle de la façon suivante; un rêveur équitable, ce serait toute personne qui prend la décision de prendre soin du rêve d'une autre personne qu'importe sa race, sa langue, sa religion et cela, SANS INTERET PERSONNEL CACHÉ.

En ce sens, ce serait la masse critique des vies privées oeuvre d'art (une vie oeuvre d'art au 21eme siècle, ce serait toute personne qui utilise son passé comme un coffre d'outil pour sculpter son rêve équitable au service du bien commun) qui permettra un jour le surgissement d'un concept nation que j'appelle: LA NATION OEUVRE D'ART

Pierrot
ermite des routes

pierrot@reveursequitables.com
pierrot@eveursequitables.com

PIERROT ROCHETTE
CREATEUR D'ART NUMERIQUE

ici Pierrot, du colloque epaper world
bravo pour votre magnifique page web

je voulais vous partager une réflexion
sur l'écosystème numérique

1) chaque membre de production de la chaine numerique risque de devenir a tour de role un sous-traitant de qualite pour le projet soit d’un auteur, soit d’un auditeur, soit d’un réseauteur international. Pour moi c’est en ce sens que l’éditeur ESS (ECONOMIE Sedentaire solide) va etre remplacé par l’éditeur ENN (editeur nomade numerique).

2) j’ajouterai deux sections sur mon blog http://www.reveursequitables.com dont les deux oeuvres d’art numerique constituent deux approches suivant l’évolution du numerique (Monsieur 2.7 K, l’age d’or de la decouverte) et le journal-courriels du dernier homme libre (l’age d’or du courriel)

3) la derniere oeuvre de ma trilogie s’intitulera BOOK BLOG et sera écrite en directe sur un blog avec commentaires ou je serai virale sur facebook et twitter sans qu’on ne puisse jamais me parler personnellement, sauf par comemntaire entre les chapitres…. le tout étant accompagne par un BOOK CAM, soit une camera web qui tous les matins a 6h.30 am jusqu’a 7h permettra au lecteur d’assister a une discussion de créativite entre mon partenaire master web Michel Woodard et moi le master art numerique.. le tout sera suivi d’une publication papier ou le MAKING OF servira a donner une valeur ajoutée à la marque REVEURSEQUITABLES.COM de facon à ce que je puisse me passer de tous les acteurs de la chaine de production numerique, vendant mes oeuvres à $1.00 chaque, cherchant plutot 100,000 personnes qui paieront pour l’ensemble de mes oeuvres dans un panier (ex: mes 3 ebook, mes 19 emissions de t.v. deja canees sur le work progress du pays oeuvre d’art, mes 105 chansons …

Puis une fois mon ier million fait, j’écrirai un livre sur le design du modele d’affaire pour l’auteur numerique roi par son contenu, parce que selon moi, le createur, qu’importe son domaine d’expression a droit au meme privilege que Picasso qui n’a jamais demande a ce qu’un editeur formate au dessus de son epaule pendant qu’il peint…

Puis une fois ces deux millions en poche, je donnerai tout et repartirai vagabonder la beaute du monde

Pierrot
ermite des routes

http://www.reveursequitables.com

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