| | Démographie - Vieillissement, urbanité, immigration
L’équipe de SECOR a rassemblé dans un cahier intitulé Le capital humain, l’état démographique du Québec, qui sera distribué aux participants de l’événement du 22 avril, les différents éléments qui composent le paysage démographique du Québec.
Le rapport, rédigé par Aurélia Le Tareau et Philippe Collas, analyse les projections quant au vieillissement de la population, la répartition de la population sur le territoire et ses caractéristiques socio-linguistiques.
Nous donnons ci-dessous un aperçu de cette étude, qui montre notamment que la situation que connaît le Québec se retrouve dans d'autres juridictions de comparaison.
Dynamique générale
- Le Québec est une société en vieillissement. Ceci est généralisé dans le monde développé, mais le Québec a commencé à vieillir plus tôt que d’autres juridictions.
- La population croît tout de même, mais lentement. L’accroissement naturel redémarre grâce à une hausse de la natalité et une stabilité du taux de mortalité. Durant la dernière décennie, le taux a été de 0.57 %. Il est en hausse constante depuis 2005, après une relative stagnation entre 2001 et 2004.
- L’indice de fécondité est en hausse depuis 2004, mais reste plus faible au Québec que dans les juridictions de comparaison. Ce taux est de 1,66 au Québec, contre 1,9, en Suède, 1,8 en Finlande, 1,92 dans la région Rhône-Alpes.
- L’immigration est un contributeur presque aussi important de l’accroissement total que le solde des naissances et des décès.
- L’espérance de vie actuelle a dépassé 81 ans. Elle a augmenté de plus de trois ans entre 1995 et 2008.
Dynamique sociale
- Il y a moins de québécois mariés que de célibataires, mais les taux de mariages et de divorces se sont stabilisés.
- La cellule familiale classique reste dominante, mais 40% des familles n’ont pas d’enfants à la maison.
- La taille moyenne d’un ménage québécois est de 2,3 personnes, effet combiné du faible nombre d’enfants par ménage et des cellules monoparentales.
Dynamique géographique
- Le Québec est vaste mais peu peuplé, la densité moyenne est de 5 habitants par km² (144 habitants au kilomètre carré dans la région Rhône-Alpes).
- La population est fortement concentrée dans le sud, le long du bassin du St-Laurent et dans les villes.
- L’urbanisation date des années 1930 et la part de la population urbaine n’a fait qu’augmenter depuis les années 1960, pour se stabiliser autour de 80% depuis la fin des années 1990. On retrouve des proportions comparables ou supérieures dans nos juridictions de comparaison. Ainsi, le pourcentage de la population urbaine est de 85% en Suède, 77% en Rhône-Alpes, 99,6% au Massachussetts.
- La concentration urbaine est majeure chez nous, si l’on considère que 45% de la population du Québec vit en fait dans la RMR de Montréal qui, en 2006, rassemblait 3,5 millions d’habitants sur les 7,5 millions de Québécois.
Dynamique linguistique
- Le Québec est un îlot francophone dans un océan anglophone, qui regarde toutefois peu l’archipel de la francophonie. Au recensement de 2006, les francophones du Québec, soit 5,8 millions de personnes, représentaient 19,5% de la population canadienne et 2% de la population nord-américaine.
- La langue majoritaire reste le français, mais les langues non officielles sont celles en croissance.
- L’immigration est majoritairement francophone, secondairement anglophone.
- Bilinguisme et multilinguisme ne se développent pas autant qu'on pourrait le souhaiter.
Les politiques démographiques
- La politique de la famille est intense, elle a eu tendance à se développer et semble avoir un impact sur la natalité.
- La politique des aînés favorise la sécurité du revenu, le maintien au travail et l’inclusion sociale.
- La politique d’immigration sait attirer mais, malgré les efforts, se heurte à des difficultés d’intégration sur le marché du travail.
- La politique linguistique est nécessaire, mais ce n’est pas l’apanage du Québec; contrairement à l’opinion répandue, de nombreuses juridictions dans le monde doivent légiférer sur ce point.
- La grande région de Montréal est un cas linguistique et multiculturel particulier au Québec. En raison de la forte immigration allophone, la proportion de la population de la RMR de Montréal qui utilise une langue autre que le français ou l'anglais le plus souvent à la maison s'est accrue depuis 2001, passant de 11,9% à 13,4%. Entre 2001 et 2006, la part des Montréalais dont le français est la principale langue d'usage au foyer a diminué, de 70,9% en 2001 à 69,1% en 2006, mais leur nombre s'est accru de 68 000 personnes.
Et dans 50 ans…
- Selon les projections de l’Institut de la statistique du Québec, la population du Québec devrait atteindre 8 millions en 2012 et 9,2 millions en 2056 (scénario de référence).
- D’après le scénario de référence de l’ISQ, s’appuyant sur les hypothèses démographiques les plus plausibles :
- L’accroissement naturel restera positif jusqu’en 2029. À partir de 2029, la croissance démographique reposera stricto sensu sur les migrations internationales.
- Le poids démographique des aînés (65 ans et plus) passera de 14% en 2006 à 28% en 2056. Le nombre d’aînés devrait dépasser le nombre de jeunes de moins de 20 ans dès 2022.
- Sur les 17 régions administratives du Québec, 11 continueront de croître, du moins jusqu’en 2031. Lanaudière et les Laurentides connaîtront les plus fortes augmentations (38 et 34% respectivement).
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