Vous trouverez ci-joint l'essentiel des entrevues, articles et émissions qui ont traité du Focus stratégique 2010 tenu à Québec lke 9 novembre dernier.
ENTREVUES
Le mardi 9 novembre 2010
8 h 20
Monsieur Joseph Facal
Première Heure
Animée par Claude Bernatchez
Radio-Canada
Le mardi 9 novembre 2010
10 h
Madame Oona Stock
Astral Médias
Réseau
Le 18 novembre 2010
9 h
Monsieur Marcel Côté
Magazines Vitalité économique
Reportages
Le mardi 9 novembre 2010
TVA
22 h
Alain Laforest
Radio-Canada
18 h
Julie Dufresne
ARTICLES / ÉMISSIONS
Décrochage scolaire: c'est la faute aux parents, dit Jean Charest
2010-11-09 14:08:00
Jocelyne Richer, La Presse Canadienne
QUÉBEC - La cause du taux record de décrochage scolaire au Québec est enfin trouvée: c'est la faute aux parents.
C'est du moins ce qu'a soutenu mardi le premier ministre Jean Charest, qui s'est livré à une sortie publique sur le rôle que devraient jouer les parents auprès de leurs enfants, en matière d'éducation.
Ce rôle, les parents ne le jouent pas bien, selon M. Charest, qui parlait lors d'une allocution devant l'auditoire de l'événement «Focus stratégique Québec 2010».
En point de presse, par la suite, il en a rajouté, en blâmant sévèrement les parents, et en disant chercher un moyen de les sensibiliser à ce problème criant.
M. Charest n'a jamais, par ailleurs, pointé du doigt son gouvernement ou les programmes du ministère de l'Éducation pour expliquer les taux record de décrochage enregistrés par le Québec depuis des années, surtout chez les garçons.
Il n'a pas non plus annoncé de nouvelles mesures visant à contrer le phénomène.
«Focus stratégique Québec 2010» réunit à Québec quelques centaines de décideurs, surtout issus du milieu des affaires, en vue d'identifier les principaux enjeux qui permettront au Québec d'améliorer sa performance économique.
Au menu de la journée, il y avait des ateliers et des conférences.
Publié le 09 novembre 2010 à 13h59 | Mis à jour le 10 novembre 2010 à 09h41
Décrochage scolaire: Charest montre du doigt les parents
Jean Charest a affirmé que «c'est trop facile de blâmer le système» pour le taux élevé de décrochage scolaire.
Tommy Chouinard, La Presse
(Québec) Si le décrochage scolaire est aussi élevé au Québec, c'est parce que les parents ne jouent pas bien leur rôle, estime le premier ministre Jean Charest.
Selon lui, «c'est trop facile de blâmer le système», le gouvernement et le réseau scolaire pour le nombre élevé de décrocheurs. Il montre du doigt les parents qui ne s'intéressent «pas assez» à l'éducation de leurs enfants.
«Chaque fois que la question du décrochage scolaire est soulevée, on vise les commissions scolaires, on vise les professeurs, on vise les politiciens. Mais on oublie les acteurs les plus importants: les parents. J'aimerais savoir pourquoi on parle si peu du rôle des parents au sujet du décrochage scolaire alors que c'est à eux qu'on doit s'adresser. Les parents doivent s'intéresser à l'éducation de leurs enfants», a affirmé M. Charest mardi devant des gens d'affaires réunis au Focus stratégique Québec 2010.
Selon des données rendues publiques par le ministère de l'Éducation la semaine dernière, deux élèves sur cinq ne terminent pas leur secondaire en cinq ans. Seulement 54,9% des garçons obtiennent leur diplôme dans le délai prévu, alors que 67,5% des filles y parviennent. Le décrochage est plus élevé chez les élèves francophones que chez les anglophones. Ils sont respectivement 60,2% et 71,6% à obtenir leur diplôme en cinq ans. Cette différence s'explique par l'attitude des parents, selon M. Charest.
«Pourquoi, dans certaines communautés, le taux de poursuite des études est très élevé? s'est-il demandé. Pourquoi ils sont à l'école alors que d'autres n'y sont pas? Il y a une raison pour ça. Et au Québec, si vous vous intéressez à la question de la poursuite des études, moi, j'ai très hâte comme premier ministre d'entendre les gens me parler de ce que nous devons faire pour interpeller les principaux concernés, les parents.»
Jean Charest a ensuite fait valoir que les dépenses publiques en éducation représentent 7,5% du PIB québécois. «On dépense assez, beaucoup», a-t-il dit, renvoyant une fois de plus la balle aux parents dans ce dossier chaud.
Devant les journalistes qui l'attendaient à la sortie, Jean Charest a dit: «Le gouvernement fait son travail et reconnaît sa responsabilité, les commissions scolaires et les profs aussi. Dieu sait qu'on demande aux profs aujourd'hui de faire des choses qu'on ne leur demandait pas il y a 20 ans. On leur en demande beaucoup. Ce qui m'étonne, dans le débat, c'est le peu d'attention qu'on donne aux parents et à leur rôle.»
Selon lui, les parents «devraient tous les jours s'enquérir auprès de leurs enfants de leurs études. (...) Je pense que ça ne se fait pas assez. Je sais que ça ne se fait pas assez.»
«Je ne m'attends pas à ce que les parents refassent leurs cours primaire ou secondaire. Mais, tous les jours, un enfant doit savoir que son père, sa mère, celui qui est son gardien, se préoccupe de ses études. Si les parents ne faisaient que ça, ils enverraient un message puissant à leur enfant selon lequel étudier, c'est important.»
Les gens d'affaires qui participent au Focus Stratégique Québec 2010 veulent faire de l'éducation une «priorité nationale». Le forum se veut «un processus de réflexion sur les forces et les défis du Québec». Il est organisé par la firme SECOR.
Le Soleil
Publié le 09 novembre 2010 à 15h42 | Mis à jour à 15h42
Décrochage scolaire: c'est la faute aux parents, dit Jean Charest
«J'aimerais savoir pourquoi on parle si peu du rôle des parents au sujet du décrochage scolaire alors que ce sont eux à qui on doit s'adresser, a déclaré Jean Charest. Les parents doivent s'intéresser à l'éducation de leurs enfants.»
Michel Corbeil, Le Soleil
(Québec) Pour le premier ministre Jean Charest, les parents sont ceux qui n'en font «pas assez» pour contrer le décrochage scolaire de leurs enfants.
Le chef du gouvernement a profité de son allocution, mardi midi, à Québec, devant un auditoire composé principalement de gens d'affaires, pour suggérer que notamment les médias occultent les responsabilités de ceux-ci.
«Chaque fois que la question du décrochage scolaire est soulevée, on vise les commissions scolaires, on vise les profs, on vise les politiciens. Mais on oublie les acteurs les plus importants, ceux qui sont déterminants: les parents.
«J'aimerais savoir pourquoi on parle si peu du rôle des parents au sujet du décrochage scolaire alors que ce sont eux à qui on doit s'adresser, a-t-il enchaîné. Les parents doivent s'intéresser à l'éducation de leurs enfants.»
Devant les journalistes, le premier ministre en a rajouté. «Ce qui m'étonne dans le débat, c'est le peu d'attention qu'on donne aux parents et à leur rôle. (Les parents) devraient s'enquérir tous les jours auprès de leurs enfants de leurs études. Juste ça. Je pense que ça ne se fait pas assez.»
«C'est trop facile de blâmer le système» pour le décrochage scolaire. «Le gouvernement fait son travail et reconnaît sa responsabilité, les commissions scolaires et les profs aussi. Dieu sait qu'on demande aux profs aujourd'hui de faire des choses qu'on ne leur demandait pas il y a 20 ans. On leur en demande beaucoup.»
Et ce ne sont pas les fonds consacrés au système d'éducation qui font problème, selon le premier ministre. Le gouvernement qu'il dirige alloue 7,5 % du PIB. (produit intérieur brut) à ce réseau. «On en dépense assez, beaucoup.»
Jean Charest a pratiquement exonéré le système de tout blâme. Le Québec possède un plus haut taux de diplomation que la moyenne nord-américaine ou celle des pays de l'OCDE (l'Organisation pour le commerce et le développement économique), a-t-il dit. «Les étudiants québécois réussissent mieux en sciences et en maths que la moyenne des pays.
«Il est où le problème?» a-t-il lancé avant de répondre lui-même. «C'est précisément celui des jeunes qui entrent dans le système et ne terminent pas dans les délais prescrits.»
Jean Charest y est allé d'une analogie qu'il a lui-même qualifiée de «boiteuse». Face à ce phénomène, tout se passe comme si un citoyen convoque un plombier pour réparer un robinet alors que le problème, c'est que «la rivière est à sec. Dans le cas du décrochage, on regarde toujours le bout du robinet. Les gens ont de la difficulté à aller à l'essentiel.
«Pourquoi dans certaines communautés le taux de poursuite des études est-il très élevé? Pourquoi ils sont à l'école alors que d'autres ne le sont pas? Il y a une raison pour ça.»
Publié le 10 novembre 2010 à 05h00 | Mis à jour à 05h00
Facal et la société québécoise: «Mûre pour une grande corvée»
Devant un forum mis sur pied par les milieux d'affaires, Focus stratégique 2010, Joseph Facal et le ministre Clément Gignac ont fourni une vision contradictoire de la situation économique québécoise.
Michel Corbeil, Le Soleil
(Québec) Pour l'observateur et ex-élu péquiste Joseph Facal, le Québec «a perdu le goût d'avancer» et il est «en panne de leadership». Pour le ministre libéral Clément Gignac, il est faux de prétendre que le Québec souffre «d'immobilisme».
Les deux hommes ont fourni une vision contradictoire de l'état des lieux, notamment économiques, de la société québécoise, lors de l'allocution qu'ils ont prononcée hier à Québec.
Devant un forum mis sur pied par les milieux d'affaires, Focus stratégique 2010, le ministre Gignac (Développement économique) s'est montré froissé par un des documents de référence, fourni aux participants. Il a mis de côté son «discours de 20 pages pour parler avec [mon] coeur.
«Quand on parle d'immobilisme, je ne sais pas si quelqu'un vivait sur une autre planète depuis deux ans», a-t-il lancé en faisant allusion au mandat obtenu par Jean Charest, en décembre 2008.
«Est-ce que quelqu'un a remarqué qu'il se fait des choses au Québec depuis deux ans? a-t-il soulevé sur un ton de reproche. Je n'ai aucun mérite, ça ne fait que 18 mois que je suis élu», a-t-il enchaîné.
Clément Gignac a aligné une série de dossiers qui démontreraient que le Québec bouge. Le programme d'infrastructures, le chantier pour les barrages sur la rivière Romaine, celui pour réaménager l'échangeur Turcot, à Montréal, le projet d'hôpital universitaire montréalais du CUSUM, même celui du CHUM, qui n'en finit plus de commencer dans la même ville, ont été cités par le ministre. «Il se prend des décisions!»
Tout est à parfaire, mais rien n'est mauvais, côté gouvernemental, a-t-il suggéré. En matière de cohérence et de finances, il a donné en exemple sa décision de fusionner deux sociétés d'État, la Société générale de financement et Investissement Québec, pour cause de «dédoublements».
«Le Québec est la seule nation dans les pays industrialisés où il y a 50 000 personnes de plus au travail qu'avant la récession. Est-ce parce qu'on est chanceux? Est-ce parce qu'on n'a pas de secteur automobile (comme en Ontario)? Ou le fait qu'on est la province la mieux diversifiée? Peut-être? Je pense qu'il se fait des choses au Québec. Mais dire qu'il y a un sentiment d'immobilisme, de morosité...»
Joseph Facal voit les choses avec une tout autre perspective. Le Québec dispose d'atouts considérables, atouts qu'il «n'arrive pas à organiser. C'est d'autant plus désolant que, sur le plan individuel, des Québécois triomphent un peu partout sur la planète».
Contraste frappant avec l'analyse de Clément Gignac, l'ex-ministre péquiste a soutenu que «nous avons collectivement perdu le goût d'avancer alors que le monde entier avance, lui».
À ses yeux, il n'y a pas qu'une seule cause à invoquer. «On évoque beaucoup la panne de leadership. Et c'est vrai.» En impromptu de presse, il a expliqué «qu'on ne compte plus le nombre de rapports qui font la radiographie de nos problèmes. On sait quelles seraient les solutions.
«Ce qu'on ne prend pas, ce sont les décisions. Elles seraient évidemment exigeantes, difficiles, impopulaires et, pour le moment, on n'a pas encore fait la preuve que la vérité et le courage, c'est politiquement rentable.»
En réponse aux journalistes, Joseph Facal a pris avec un grain de sel les propos du ministre Gignac. «Il fait partie d'un gouvernement. Naturellement, il défend son bilan.»
Examen de conscience
M. Facal a pris soin de rappeler, à son auditoire comme aux journalistes, que les citoyens «ont aussi un examen de conscience à faire. Le Québec est dû, à mon avis, pour une grande corvée».
Prenant la parole à l'heure du dîner, le premier ministre Jean Charest a d'ailleurs indiqué qu'il y a des choses qui regardent avant tout les citoyens. Ce concept est économique.
«Lorsque le Québécois moyen se fait dire qu'il a un problème de productivité, ça résonne dans sa tête comme "ils veulent que je travaille plus pour que je gagne moins cher". La société québécoise, comme d'autres, a pris soin d'ajouter le chef du gouvernement, a besoin de pédagogie pour [comprendre] la question de la productivité.»
RADIO-CANADA
Focus stratégique Québec 2010
Les parents en partie responsables du décrochage, selon Charest
Mise à jour le mardi 9 novembre 2010 à 20 h 34
Quelque 250 gens d'affaires et personnalités publiques étaient réunis mardi dans la capitale provinciale, dans le cadre de l'événement Focus stratégique Québec 2010, pour proposer des pistes de solution aux défis que le Québec doit relever dans les sphères économique et sociale.
Le thème de l'éducation a suscité des débats particulièrement houleux. Ce thème s'est retrouvé au coeur du discours du premier ministre Jean Charest.
Ce dernier a tenu à défendre le bilan de son gouvernement, ainsi que celui du réseau de l'éducation, qui ont été l'objet de critiques ces dernières semaines au chapitre du décrochage et de l'intégration scolaire.
M. Charest a entre autres exhorté les parents québécois à prendre leur part de responsabilité et à prêter main-forte pour contrer le décrochage scolaire.
J'aimerais savoir pourquoi on parle si peu du rôle des parents sur la question du décrochage scolaire, alors que ce sont eux à qui on doit s'adresser. [...] Ils devraient s'enquérir tous les jours auprès de leurs enfants sur leurs études. Je pense que ça ne se fait pas assez, je sais que ça ne se fait pas assez.
— Le premier ministre Jean Charest
M. Charest a déploré le manque d'intérêt que plusieurs parents portent aux études de leurs enfants. « Tous les jours, un enfant devrait savoir que sa mère, son père, celui qui est son gardien, se préoccupe de ses études. S'ils ne faisaient que ça, ils enverraient un signal très puissant à leurs enfants, qu'étudier c'est important », a soutenu le premier ministre du Québec.
Le premier ministre du Québec a dit chercher un moyen de sensibiliser les parents au décrochage scolaire. Cependant, aucune nouvelle mesure n'a été annoncée en ce sens.
L'ancien ministre péquiste Joseph Facal, professeur agrégé au service de l'enseignement du management de HEC, a tenu à rappeler l'importance de l'éducation dans une société comme le Québec.
« La clé de l'autonomie personnelle et de la prospérité collective, ça a toujours été l'éducation, et ce l'est encore plus pour un peuple comme nous qui est de taille modeste et qui ne peut compter sur des bas salaires pour attirer l'investissement », a-t-il souligné.
Selon les dernières statistiques du ministère de l'Éducation du Québec, seuls 60 % des élèves québécois obtiennent leur diplôme d'études secondaires après cinq ans, soit la durée normale.
Des données compilées par Statistique Canada révèlent également que 11,7 % des jeunes Québécois de 20 à 24 ans abandonnent leurs études avant d'avoir leur diplôme secondaire. Il s'agit du pire taux pour ce groupe d'âge à l'échelle canadienne.
Par comparaison, le taux de décrochage de l'Ontario est de 7,8 % et la moyenne au Canada se situe à 8,5 % pour la période 2007-2010.
Sur le thème de l'énergie
Par ailleurs, certains conférenciers ont abordé le thème de l'énergie, dont André Boisclair, ancien chef du Parti québécois et consultant en développement stratégique et affaires publiques, qui a animé un atelier sur le gaz de schiste.
« Les discussions sur l'avenir de la filière gazière au Québec sont occultées par le débat sur les gaz de schiste. Le Québec a fait le choix de l'hydroélectricité pour la production de son électricité [...]. Le gaz est une filière porteuse et plus propre que le charbon, le mazout ou le diesel, et qui devrait être plus présente sur le territoire du Québec », affirme-t-il.
Les intervenants ont aussi abordé les thèmes de la performance de l'État, de la productivité, de la dette et de la pauvreté.
Avec le reportage de Julie Dufresne
Le mercredi 10 novembre 2010
Le Journal de Québec
Décrochage scolaire
Jean Charest blâme les parents
Geneviève Lajoie
09/11/2010 16h16
Les parents du Québec sont en grande partie responsables du haut taux de décrochage scolaire des jeunes Québécois, soutient Jean Charest, qui estime que son gouvernement dépense suffisamment en éducation.
« J’aimerais savoir pourquoi on parle si peu du rôle des parents au sujet du décrochage scolaire, alors que ce sont eux à qui on doit s’adresser », a plaidé le premier ministre hier, à Québec, lors d’une allocution devant quelque 250 gens d’affaires réunis à l’occasion d’une rencontre de Focus stratégique Québec 2010.
Les parents sont des acteurs déterminants dans la vie des enfants, a-t-il insisté. « Ils devraient tous les jours s’enquérir auprès de leurs enfants de leurs études, je pense que ça ne se fait pas assez », a ajouté Jean Charest. Selon lui, ne serait-ce qu’en montrant quotidiennement un intérêt pour les études de leur progéniture, les parents enverraient un « signal très puissant » à leurs enfants. « Ce n’est pas de la grande science, on apprend de nos parents, on suit l’exemple de nos parents », a-t-il précisé.
« Trop facile »
Le premier ministre se dit d’ailleurs très étonné que dans le débat qui a cours actuellement sur le décrochage scolaire, les critiques soient majoritairement dirigées vers le gouvernement et les autres acteurs du système, alors que les parents y occupent pourtant une place prépondérante. « C’est trop facile de blâmer le système », a-t-il pesté.
« Le gouvernement a son travail à faire, et il en fait beaucoup. On s’est fixé un objectif de diplomation de 80 % d’ici à 2020, le gouvernement fait son travail, reconnaît ses responsabilités », a renchéri le chef libéral.
Vingt-cinq pour cent du budget du Québec va en éducation, a-t-il signalé. « On en dépense assez, beaucoup », a continué le premier ministre.
Au Québec, pas moins de 30 % des jeunes ne finissent pas leur secondaire dans les délais prescrits. Le constat est encore plus alarmant chez les garçons : 34 % quittent les bancs d’école avant d’avoir obtenu leur diplôme de cinquième secondaire.
Publié le 11 novembre 2010 à 07h54 | Mis à jour le 11 novembre 2010 à 10h45
L'ADQ doit se saborder, estime le député Éric Caire
Le député indépendant Éric Caire ne compte pas retourner à l'ADQ. Il voudrait plutôt rallier les «forces de centre droit» dans un nouveau parti.
Paul Journet
La Presse
(QUÉBEC) Éric Caire, ex-député de l'ADQ devenu indépendant, souhaite se rallier aux quatre députés adéquistes aux prochaines élections. Mais à une condition: que ce soit dans un nouveau parti.
«L'ADQ a un grand déficit de crédibilité. C'est une bannière qui est morte. Se présenter pour ce parti, ce serait courir à l'échec», a dit M. Caire, qui s'était porté candidat à la direction de l'ADQ.
Il souhaite qu'un nouveau parti profite des budgets de recherche et des listes de membres de l'ADQ.
M. Deltell, lui, semble réticent à ce que l'ADQ change de nom.
Hier, Éric Caire a dit au Soleil qu'il discutait d'une possible réunion avec ses anciens collègues, de préférence dans un nouveau parti. Il nous a ensuite précisé sa pensée: il n'est absolument pas question qu'il retourne à l'ADQ.
Si un nouveau parti devait naître, M. Caire, échaudé par la dernière course à la direction de l'ADQ, ne souhaite pas en prendre la tête. Il accepterait que l'actuel chef de l'ADQ, Gérard Deltell, le dirige, mais il préférerait François Legault. «J'aime beaucoup Gérard, on s'entend bien. Mais je pense que cette question va se régler par elle-même. Disons-nous les vraies choses. Quelqu'un comme François Legault obtient 40% d'appuis seulement en faisant un signe de la main alors que, sous Gérard Deltell, l'ADQ obtient environ 10% d'appuis. Je le dis sans méchanceté: la logique mathématique est implacable.»
M. Caire veut rallier les «forces de centre droit», qui se manifestent de plus en plus, selon lui. Il cite le mouvement en gestation de François Legault, les «voix modérées» du Réseau Liberté Québec, les adéquistes, la marche des 50 000 «cols rouges» qui ont manifesté contre le budget Bachand au printemps dernier, et aussi Marcel Côté, associé fondateur de la firme SECOR, qui a déjà conseillé Brian Mulroney, Robert Bourassa et Jean Charest.
«Les idées de centre droit que M. Côté a présentées mardi (au forum Focus stratégique de Québec) étaient très compatibles avec notre vision des choses. Et je ne pense pas qu'elles pourraient être défendues par le Parti libéral. On va donc essayer d'entrer en contact bientôt avec lui. Mais je ne présume pas de ses intentions, je ne dis pas qu'il voudrait passer à l'action politique.»
M. Legault n'a pas appelé M. Caire, qui dit ne pas avoir essayé de le joindre non plus. «Pour l'instant, M. Legault semble préparer un mouvement de citoyens. En s'associant à un député, il contreviendrait à cette démarche. Mais s'il veut passer à la prochaine étape et fonder un parti, on voudrait certainement s'y rallier.»
M. Caire indique qu'il lui suffirait d'être d'accord avec «70 ou 80%» des idées d'un mouvement de M. Legault pour s'y joindre.
Si l'ADQ devait changer de nom, ce ne serait pas une première dans notre histoire politique. En 1971, l'Union nationale avait changé son nom pour Unité-Québec. Aux élections de 1973, elle avait repris le nom d'Union nationale. Elle n'avait réussi à faire élire aucun député.
Les Affaires. Stratégies, samedi 6 novembre 2010, p. 42
Et si le Québec était une entreprise ?
Planification stratégique. À l'initiative de Secor, des gens d'affaires se mobilisent pour redresser l'économie de la province.
Suzanne Dansereau
L'idée est venue de Oona Stock, une des associés de la firme montréalaise de consultation Secor. Alors qu'elle aidait des entreprises à établir leur planification stratégique, Mme Stock s'est rendu compte qu'un grand nombre de leurs dirigeants se posaient les mêmes questions, non sans montrer une certaine anxiété : quel est l'avenir économique du Québec ? Quelle place occupera-t-il sur l'échiquier mondial ? Comment peut-il se sortir de sa sous-performance chronique au plan économique ? Et comment va-t-il s'assurer que sa main-d'oeuvre soit suffisamment compétente pour innover ?
Cette prise de conscience a donné naissance au Focus stratégique, aussi appelé " Pour un Québec 3.0 ", la contribution du milieu des affaires à la réflexion sur l'avenir du Québec.
Dans le cadre de cette initiative, Secor a réuni 27 dirigeants d'entreprises et d'associations - dont les présidents de la Caisse de dépôt, de Telus, de Desjardins et de la Fédération des chambres de commerce du Québec - ainsi que 22 dirigeants âgés de moins de 40 ans, qui représentent la " relève de Québec inc ", selon la firme.
Le 9 novembre, ce groupe accueillera près de 250 personnes à Québec. Des gens d'affaires, des acteurs politiques, des leaders syndicaux et des hauts fonctionnaires, invités à poursuivre la réflexion du Focus stratégique.
Cette réflexion prend la forme d'un exercice de planification stratégique. " Nous procédons comme si le Québec était une entreprise, explique Oona Stock en entrevue. Nous avons déjà livré un diagnostic, dont nous avons tiré des enjeux et des priorités. Les prochaines étapes sont un plan d'action et des objectifs précis, avec des indicateurs et un tableau de bord. "
Le Québec piétine
Les constats, enjeux et priorités ont été discutés en avril dernier à Montréal, lors d'une réunion qui attiré près de 300 personnes. À ce moment, toutefois, le milieu syndical brillait par son absence. " Les syndicats étaient en pleine négociation du secteur public avec le gouvernement " explique Mme Stock. À Québec, la FTQ et la CSN, entre autres, seront représentés, dit-elle.
Le constat fait par le groupe est sans détour : le Québec tourne en rond. Par rapport à d'autres juridictions, il sous-performe sur le plan économique. Son endettement, le plus élevé en Amérique du Nord, et son taux de décrochage scolaire, inquiètent. Il n'arrive pas à bien intégrer ses immigrants. Ses entreprises innovent peu. Sa population n'est ni assez scolarisée ni assez entrepreneuriale. Au chapitre des ressources naturelles, il est riche, mais il gaspille. Dans l'ensemble, un changement de culture s'impose.
Le Focus stratégique a énoncé trois priorités : l'acquisition de compétences, les ressources naturelles et la modernisation de l'État, qui fournit mal les services publics, selon lui.
C'est sur ces priorités que la rencontre de Québec portera, explique-t-on.
Une réflexion apolitique
On peut se demander ce qui distingue cette initiative d'autres actions déjà réalisées ou en voie de l'être, comme le manifeste Pour un Québec lucide, le mouvement politique de François Legault, le Réseau Liberté-Québec, Génération d'idées, ou le Forum économique de janvier dernier organisé par le gouvernement Charest.
" Notre groupe est privé et apolitique, répond Mme Stock. Comme point de départ, nous avons dressé un portrait sans complaisance de la situation au Québec. Nous ne voulons pas faire de politique. " Sauf que le premier ministre Charest prononcera un discours à Québec, comme il l'a fait à Montréal. " C'est parce qu'il dirige le gouvernement, pas parce qu'il est libéral ", justifie Mme Stock. Et, contrairement aux Lucides, qui " se sont comportés comme des seigneurs savants " et " qui tapaient sur les syndicats ", nous voulons être " mobilisants " pour tout le monde, ajoute-t-elle.
À quoi s'attendre ?
Ce genre d'événement changera-t-il quelque chose, alors que tant d'autres n'ont rien donné? Oona Stock ne peut que l'espérer. Et rappeler que des suivis sont déjà prévus : en février 2011, le Focus stratégique promet de livrer, sous l'éclairage de l'exercice de Québec, un plan d'action concret avec " des objectifs mesurables, atteignables et à court terme ", promet-elle. De plus, les dirigeants d'entreprise qui sont membres du comité consultatif du Focus vont s'engager personnellement dans la réalisation d'objectifs concrets pour lesquels ils deviendront des porteurs de ballon, poursuit-elle.
" Et quand un dirigeant d'entreprise privée veut réaliser quelque chose, habituellement, il le fait ", dit-elle.
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